L'ICT à Bruxelles en 2026 : le marché des talents à deux vitesses que l'indexation salariale ne peut résoudre

L'ICT à Bruxelles en 2026 : le marché des talents à deux vitesses que l'indexation salariale ne peut résoudre

Bruxelles présente une contradiction qu'aucune autre capitale européenne n'égale en intensité. La région affiche un taux de chômage général de 16,4 %, parmi les plus élevés de toutes les capitales d'Europe. Elle compte simultanément 8 200 postes TIC non pourvus, les recherches en cybersécurité et en architecture cloud nécessitant en moyenne 94 jours avant qu'un recrutement soit finalisé. Ces deux chiffres décrivent la même ville au même moment. Ils ne sont pas contradictoires. Ils révèlent un marché des talents scindé en deux, et cette scission s'accélère.

Le système d'indexation automatique des salaires qui régit la rémunération en Belgique a été conçu dans un souci d'équité. Il ajuste les salaires à la hausse en fonction de l'inflation, relevant proportionnellement toutes les tranches. Entre 2022 et 2024, ce mécanisme a ajouté 11,2 % aux coûts salariaux du secteur TIC. Or, les professionnels dont Bruxelles a le plus désespérément besoin ont vu leur valeur marchande augmenter de 25 à 35 % sur la même période. Le système d'indexation compresse précisément le différentiel nécessaire pour attirer des spécialistes internationaux et retenir les experts nationaux. Les employeurs qui respectent les règles prennent du retard. Ceux qui les contournent avec des primes et des dispositifs équivalents à des actions créent un système de rémunération parallèle que les enquêtes salariales standard ne capturent pas.

Ce qui suit est une analyse structurée du fonctionnement réel du marché ICT bruxellois en 2026 : où se concentre la demande, ce qu'elle rémunère, qui se dispute les mêmes candidats, pourquoi les approches de recrutement conventionnelles échouent systématiquement, et ce que les organisations opérant sur ce marché doivent comprendre avant de lancer leur prochaine recherche de cadres dirigeants.

Un secteur façonné par la réglementation, pas seulement par la technologie

Le secteur ICT de Bruxelles ne ressemble ni à l'écosystème berlinois porté par les startups, ni au cluster fintech d'Amsterdam. Sa caractéristique déterminante est la proximité avec les institutions de l'Union européenne, et cette proximité conditionne tout, des compétences les plus demandées aux raisons pour lesquelles le vivier de talents est si difficile à atteindre.

La région emploie environ 45 000 personnes directement dans l'ICT et 25 000 autres dans des fonctions adjacentes au numérique — réglementation, conseil et conformité — qui existent parce que l'appareil législatif de l'UE se trouve dans la ville. Le secteur a progressé de 4,2 % en 2024, surpassant la croissance du PIB régional de 1,1 % d'un facteur de près de quatre. La croissance en 2026 est projetée entre 3,5 et 4,0 %, avec 3 200 créations nettes de postes anticipées. La majorité de ces nouveaux rôles se situent dans la gouvernance de l'IA, la RegTech et les centres d'opérations de cybersécurité.

NIS2 et DORA comme accélérateurs de la demande

Deux textes législatifs européens transposés en droit belge avant octobre 2024 ont remodelé le profil de la demande. La Directive NIS2 a élargi les obligations de cybersécurité à l'ensemble des secteurs d'infrastructures critiques. DORA a imposé des exigences de résilience opérationnelle numérique aux institutions financières. Les deux nécessitent des équipes de conformité, des auditeurs techniques et des architectes de sécurité que le marché belge ne produit pas en volume suffisant.

Le marché belge des services de cybersécurité a atteint 1,8 milliard d'euros en 2024, les entreprises basées à Bruxelles captant 60 % des contrats entreprises. Au niveau national, 3 200 postes en cybersécurité restaient non pourvus, dont 40 % concentrés dans la Région de Bruxelles-Capitale. Il ne s'agit pas de postes juniors en attente de diplômés. Ce sont des analystes SOC, des auditeurs de conformité NIS2, des spécialistes en sécurité OT et des responsables d'équipes purple dont les compétences requièrent des années de développement.

La dynamique du cloud souverain

La migration vers le cloud a dépassé sa phase d'adoption initiale. Soixante-huit pour cent des entreprises basées à Bruxelles exploitent désormais des environnements multi-cloud, Microsoft Azure détenant 42 % de parts de marché, AWS 31 % et Google Cloud 18 %. L'évolution la plus significative est l'initiative de cloud souverain : une coentreprise Proximus-Orange qui a capté 340 millions d'euros de marchés publics ICT régionaux auprès de clients du secteur public exigeant la résidence des données sur le territoire belge.

Cela crée une couche secondaire de demande. Les architectes cloud souverain doivent maîtriser non seulement AWS ou Azure au niveau infrastructure, mais aussi les cadres de gouvernance des données exigés par les institutions européennes. L'ensemble de compétences requis est plus restreint que l'architecture cloud généraliste. Le vivier de candidats est proportionnellement plus réduit.

Le moteur réglementaire qui anime ce secteur ne ralentit pas. Il génère des postes plus rapidement que n'importe quel programme de formation ne peut les pourvoir.

Les employeurs en concurrence pour les mêmes candidats

Comprendre qui recrute sur le AI & Technology exige de distinguer deux catégories d'employeurs bien distinctes, en concurrence pour des viviers de talents qui se chevauchent, avec des propositions fondamentalement différentes.

Grands groupes et cabinets de conseil

Proximus Group, dont le siège se trouve Boulevard du Roi Albert II, emploie environ 4 800 personnes dans ses opérations bruxelloises sur un total de 11 200 ETP au niveau du groupe. Sa division Proximus NXT constitue le pilier de l'infrastructure cloud nationale, et le hub R&D « Digital for Society » prévu représente un investissement de 120 millions d'euros sur trois ans. Proximus n'est pas simplement un employeur. C'est un centre de gravité qui façonne les attentes salariales et les trajectoires de carrière à l'échelle de toute la région.

Les grands cabinets de conseil maintiennent des implantations bruxelloises calibrées sur la demande des institutions européennes. Accenture emploie environ 1 800 personnes dans son bureau de Bruxelles. Deloitte en compte 2 400. PwC 2 100. EY 1 900. Capgemini 1 200. Ces cabinets sont en concurrence les uns avec les autres et avec leurs propres clients pour les mêmes talents en cybersécurité et cloud. Selon L'Echo, au T3 2024, Accenture Belgique a recruté une équipe senior de quatre spécialistes en infrastructure Azure chez Cegeka pour un projet de migration cloud de la Commission européenne, en proposant des primes de fidélisation équivalentes à 40 % du salaire annuel versées sur 24 mois. Ce schéma n'est pas isolé. C'est la dynamique concurrentielle normale lorsque cinq cabinets de conseil poursuivent le même pipeline de contrats européens et que les professionnels qualifiés se comptent en centaines, pas en milliers.

Les piliers de l'infrastructure financière

Deux institutions rarement évoquées dans la couverture médiatique du secteur tech bruxellois exercent une attraction disproportionnée sur les talents en cybersécurité et technologies financières. SWIFT, dont le siège se trouve à La Hulpe en périphérie bruxelloise, emploie plus de 800 personnes dans la région sur un effectif mondial de 3 000. Euroclear, basé Boulevard du Roi Albert II, gère ses opérations technologiques de règlement-livraison de titres depuis Bruxelles. Les deux nécessitent des spécialistes en cybersécurité, des ingénieurs en messagerie financière et des technologues en conformité combinant compétences techniques approfondies et expertise sectorielle des services financiers. Leur activité de recrutement n'apparaît pas sur les sites d'emploi classiques dans un volume proportionnel à leurs besoins réels, car une grande partie est gérée par le biais du chasse de tête et du Executive Search ciblé.

L'écosystème est complété par BeCentral, le campus numérique situé Cantersteen 10 abritant 140 organisations et le siège de la Cybersecurity Coalition, et B-Hive, le cluster fintech européen connectant 140 entreprises membres avec 180 millions d'euros d'investissements facilités depuis sa création. ICAB accompagne 150 startups numériques par an avec des programmes spécifiques en RegTech et HealthTech. Ces pôles produisent des talents, mais pas au volume ni au niveau d'expérience qu'absorbent les employeurs institutionnels.

Chaque employeur décrit ici pêche dans le même bassin. Et ce bassin ne grandit pas assez vite.

La rémunération : le problème à deux vitesses que révèlent les données

Le mécanisme d'indexation des salaires qui définit le droit du travail belge a été conçu pour protéger le pouvoir d'achat de manière uniforme. Dans le secteur ICT, il a créé une structure de rémunération qui fonctionne au niveau médian et échoue aux extrêmes. C'est le cœur analytique de ce qui se joue sur le marché des talents bruxellois, et c'est la dynamique la plus susceptible d'être mal comprise par les responsables du recrutement qui étalonnent depuis l'extérieur de la Belgique.

Entre 2022 et 2024, l'indexation automatique a augmenté les coûts salariaux du secteur ICT de 11,2 %, selon la Banque Nationale de Belgique.nbb.be/en/publications-and-research). Pour un développeur de niveau intermédiaire ou un professionnel du support informatique, cela a suivi le rythme du marché. Pour un CISO, un Chief Data Officer ou un architecte cloud senior, le marché a évolué de 25 à 35 % sur la même période. Le système d'indexation a comprimé le différentiel précisément au niveau d'expérience où la pénurie est la plus aiguë.

Ce que les postes de direction rémunèrent réellement

Le leadership en cybersécurité à Bruxelles s'échelonne de 85 000 à 115 000 € de base pour les Security Managers et Architectes, montant à 165 000 – 240 000 € de base pour les CISO et les VP sécurité dans les grands cabinets de conseil ou les institutions financières, avec des structures de bonus et d'intéressement à long terme de 30 à 40 % en sus. Le leadership cloud et infrastructure s'étend de 75 000 à 105 000 € au niveau architecte senior à 145 000 – 195 000 € pour les VP et Directeurs de l'Infrastructure. Les cabinets de conseil versent une prime de 10 à 15 % par rapport aux postes internes à ce niveau.

Les dirigeants en IA et gouvernance des données perçoivent entre 155 000 et 220 000 € de base, mais les entreprises belges accusent un retard de 12 à 18 % par rapport à leurs homologues néerlandais et français, selon l'étude Korn Ferry sur la rémunération du leadership numérique en Belgique. Les spécialistes réglementaires européens au niveau DPO et responsable conformité gagnent entre 65 000 et 95 000 €, montant à 125 000 – 165 000 € pour les Directeurs de la Technologie Réglementaire, avec des primes sectorielles de 20 à 25 % dans les services financiers.

Le coin fiscal qui amplifie l'écart

Ces chiffres deviennent encore plus problématiques lorsqu'on les examine sous l'angle du coût employeur. Les cotisations patronales de sécurité sociale en Belgique ajoutent 25 à 30 % aux salaires bruts. Les cotisations spéciales de sécurité sociale pour les cadres dirigeants poussent le coût total de la rémunération à un niveau 1,45 fois supérieur à celui des Pays-Bas pour un salaire net équivalent. Un employeur bruxellois versant 180 000 € brut à un CISO supporte un coût total avoisinant les 260 000 €. Un employeur néerlandais offrant le même salaire net paie significativement moins, avant même la prise en compte du ruling de 30 % pour les travailleurs qualifiés migrants.

Ce n'est pas un problème que l'on peut résoudre par des augmentations budgétaires progressives. C'est une structure de coûts systémique qui rend Bruxelles moins compétitive pour les talents internationaux à chaque niveau de rémunération, et de manière particulièrement pénalisante au niveau exécutif où les pénuries sont les plus critiques. Les organisations qui étalonnent efficacement la rémunération et structurent les packages de manière créative — en utilisant des primes non pensionnables et des incitations équivalentes à des actions en dehors des grilles salariales standard — sont celles qui retiennent leurs meilleurs éléments. Toutes les autres contribuent à la durée moyenne de pourvoi de 94 jours.

Quatre villes en concurrence pour les candidats de Bruxelles

Aucun marché des talents n'existe de manière isolée. Le défi du recrutement ICT bruxellois n'est pas uniquement interne. Il est défini par ce qu'Amsterdam, Luxembourg, Paris et Berlin offrent aux mêmes professionnels.

Amsterdam est le principal concurrent pour les talents cloud et fintech. Le ruling de 30 % néerlandais permet des salaires nets de 20 à 25 % supérieurs à ceux de Bruxelles à salaire brut équivalent. Les architectes cloud senior à Amsterdam gagnent entre 95 000 et 130 000 € contre 75 000 à 105 000 € à Bruxelles. L'environnement professionnel majoritairement anglophone d'Amsterdam supprime la barrière du trilinguisme que Bruxelles impose. Les coûts du logement y sont 35 % plus élevés, mais pour un technologue senior gagnant au-delà de 100 000 €, l'avantage fiscal compense largement.

Luxembourg entre en concurrence directe pour les professionnels de la cybersécurité et de la finance technologique. Les salaires bruts pour les postes en cybersécurité y sont 30 à 40 % plus élevés, entre 120 000 et 160 000 € pour les postes seniors, portés par la demande de la banque privée et des fonds d'investissement. Le marché est plus restreint, offrant moins de mobilité professionnelle, mais un revenu disponible supérieur compense cette contrainte pour de nombreux candidats.

Paris attire les talents en IA et apprentissage automatique avec des primes salariales de 15 à 20 %, un programme French Tech Visa et un marché annuel de capital-risque déployant 5,2 milliards d'euros, soit près de dix fois les 532 millions d'euros de la Belgique. Pour un chercheur en IA hésitant entre Bruxelles et Paris, le capital de croissance accessible à son employeur constitue en soi un facteur de rétention. Une startup qui ne peut pas lever de Série B ne peut pas offrir la trajectoire de carrière qu'un concurrent parisien bien financé propose.

Berlin présente un calcul différent. Le coût de la vie y est 40 % inférieur, la densité de startups est quatre fois plus élevée avec 3 000 startups actives contre 800 à Bruxelles, et bien que les salaires soient de 10 à 15 % inférieurs à ceux de Bruxelles, le rapport qualité de vie/coût reste compétitif pour les jeunes professionnels.

Le fil conducteur : chaque ville concurrente offre au moins un avantage structurel que Bruxelles ne peut égaler par la seule rémunération. Les professionnels dont Bruxelles a le plus besoin — les leaders seniors en cybersécurité, les architectes cloud et les spécialistes en gouvernance de l'IA — sont précisément ceux qui disposent de la mobilité et de la connaissance du marché nécessaires pour évaluer ces alternatives. Les atteindre exige plus qu'une annonce d'emploi. Cela exige d'identifier et d'engager des candidats qui ne cherchent pas à bouger.

Le problème des candidats passifs est plus grave que les chiffres ne le suggèrent

Les statistiques agrégées de pénurie — 8 200 postes ICT non pourvus, 94 jours en moyenne pour pourvoir un poste — racontent une histoire de déséquilibre entre l'offre et la demande. Les données sur les candidats passifs racontent une histoire plus inconfortable sur la futilité des méthodes de recrutement conventionnelles sur ce marché.

Parmi les spécialistes en cybersécurité, de l'analyste SOC au CISO, le taux de chômage est de 0,8 %. Purement frictionnel. Le marché est passif à 90-95 %. L'ancienneté moyenne est de 4,2 ans, et les changements de poste sont généralement déclenchés par l'achèvement d'un projet, non par une recherche active. Parmi les ingénieurs AI et ML possédant une expertise réglementaire européenne — le profil hybride qui représente moins de 2 % des effectifs ICT —, 85 à 90 % sont passifs, accessibles par les réseaux académiques de la KU Leuven, de l'ULB et de la VUB ou par les circuits de conférences, pas par les offres d'emploi. Parmi les architectes cloud senior certifiés Azure ou AWS, seuls 15 à 20 % candidatent activement. Le délai de pourvoi pour ces postes dépasse 120 jours lorsque les employeurs s'appuient sur des offres publiées.

C'est cette réalité du marché qui distingue les organisations qui recrutent avec succès de celles qui échouent. Une offre publiée sur le marché ICT bruxellois atteint, au mieux, les 10 à 20 % de professionnels qualifiés qui se trouvent justement en recherche. Les 80 à 90 % restants nécessitent une approche entièrement différente. Ils doivent être identifiés par une cartographie systématique des talents, approchés avec une proposition spécifique et engagés dans un processus qui respecte à la fois leur satisfaction actuelle et l'opportunité réelle qui leur est proposée.

La bifurcation se prolonge vers le bas. Les postes juniors en développement web, marketing numérique et support informatique affichent des taux de candidats actifs de 40 à 45 %. La surabondance de profils débutants coexiste avec une pénurie aiguë au niveau senior. Le même employeur menant un processus de recrutement standard recevra donc un afflux de candidatures juniors et un quasi-silence au niveau senior, créant l'illusion que le processus fonctionne alors qu'il échoue précisément là où l'enjeu est le plus fort.

Comme l'a rapporté De Tijd, BNP Paribas Fortis a maintenu un poste de Group CISO vacant pendant 11 mois en 2023-2024, pour finalement pourvoir le poste avec un candidat relocalisé depuis le Luxembourg moyennant une prime de 35 % au-dessus de la fourchette salariale initiale. L'Autorité belge de protection des données elle-même, selon son rapport d'activité annuel 2023-2024, a vu des postes de certification DPO rester ouverts pendant plus de huit mois, contraignant au recours à des prestataires intérimaires externes à des tarifs journaliers de 800 à 1 200 €. Même quand le régulateur ne parvient pas à recruter, le marché envoie un signal sur la méthode, pas seulement sur le budget.

L'avantage caché de Bruxelles et la synthèse originale

Voici l'observation que les données étayent mais qu'aucune source individuelle dans cette analyse ne formule directement.

Le système d'indexation automatique des salaires de Bruxelles — le mécanisme conçu pour protéger les travailleurs de l'inflation — aggrave activement la crise des talents seniors qu'il n'a jamais été conçu pour résoudre. En augmentant proportionnellement toutes les tranches salariales, il réduit l'écart entre la rémunération des niveaux intermédiaires et celle des dirigeants précisément au stade de carrière où les primes de rareté devraient s'élargir. Un développeur de niveau intermédiaire reçoit une augmentation indexée sur l'inflation qui le maintient compétitif. Un CISO dont la valeur marchande a augmenté de 30 % reçoit le même pourcentage d'augmentation que tout le monde. Le système conçu pour l'équité produit le résultat inverse au sommet du marché : il rend les postes les plus critiques de Bruxelles moins compétitifs par rapport à Amsterdam, Luxembourg et Paris, où la rémunération répond aux forces du marché sans qu'un plancher statutaire ne distorde le différentiel.

Cela engendre un effet secondaire. Les employeurs qui comprennent la contrainte contournent les grilles salariales standard avec des primes non pensionnables, des paiements de fin de projet, des incitations équivalentes à des actions et des packages de relocalisation qui ne sont pas capturés dans les enquêtes salariales officielles. Les données de rémunération publiées pour les cadres dirigeants ICT bruxellois sous-estiment la rémunération totale réelle du quartile supérieur de 15 à 25 %. Tout responsable du recrutement qui s'étalonne sur les chiffres publiés et propose dans la fourchette indiquée offre en dessous du marché sans le savoir.

L'implication pour la stratégie de recherche est directe. Une recherche senior réussie à Bruxelles exige non seulement d'identifier le bon candidat, mais aussi de structurer un package de rémunération qui tient compte de l'architecture de coûts unique de la Belgique. Le coût d'un recrutement exécutif raté sur ce marché est aggravé par la durée moyenne de pourvoi de 94 jours et par la certitude que la recherche de remplacement se heurtera aux mêmes contraintes systémiques. Réussir le premier recrutement, avec le bon package, compte davantage ici que sur des marchés où le prochain candidat est à 30 jours.

Ce que cela signifie pour les responsables du recrutement opérant à Bruxelles

Le marché ICT bruxellois en 2026 n'est pas défaillant. Il est structurellement contraint d'une manière qui récompense la préparation et sanctionne l'improvisation. Les organisations qui abordent ce marché avec un processus de recrutement standard — publier des postes, trier les candidatures entrantes, étalonner la rémunération sur des enquêtes publiées — perdront systématiquement face à celles qui comprennent les dynamiques spécifiques de ce marché.

Trois principes définissent le recrutement réussi dans cet environnement. Premièrement, le candidat dont vous avez besoin est presque certainement en poste, satisfait et ne cherche pas. Une méthodologie de recherche fondée sur les candidatures entrantes atteint 10 à 20 % du vivier disponible. Les 80 à 90 % restants nécessitent une identification proactive et un engagement direct par des spécialistes qui savent dans quelles organisations ces professionnels se trouvent et quelle proposition les amènerait à envisager un changement.

Deuxièmement, l'étalonnage des rémunérations doit tenir compte du coin fiscal belge, de l'effet compressif du système d'indexation et du marché parallèle des incitations non standard. Les guides salariaux publiés fournissent un plancher utile, pas un plafond. Toute offre à la médiane des fourchettes publiées est une offre qui perdra face à un concurrent qui comprend le véritable prix du marché.

Troisièmement, la rapidité compte de manière disproportionnée. Sur un marché où la recherche technique moyenne prend 94 jours et où les meilleurs candidats reçoivent 2,3 offres simultanément, la différence entre une shortlist à 10 jours et une shortlist à 45 jours n'est pas administrative. C'est la différence entre rencontrer les meilleurs candidats et rencontrer ceux qui restent.

KiTalent opère sur ce marché avec une méthodologie conçue précisément pour ces conditions. Le Talent Mapping assisté par IA identifie les candidats passifs que les sites d'emploi ne peuvent atteindre. Un modèle de facturation à l'entretien signifie que les clients rencontrent des cadres dirigeants qualifiés et prêts pour l'entretien dans un délai de 7 à 10 jours, ne payant que lorsqu'ils se trouvent face à un candidat qui en vaut la peine. Le taux de rétention à un an de 96 % du cabinet reflète la rigueur de l'évaluation des candidats et de la structuration des packages, pas seulement la rapidité du sourcing. Avec 1 450 placements de cadres dirigeants et des partenariats avec plus de 200 organisations, l'approche a été éprouvée sur des marchés présentant les mêmes contraintes structurelles que celles de Bruxelles.

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Questions fréquemment posées

Quel est le salaire moyen d'un CISO à Bruxelles en 2026 ?

Un Chief Information Security Officer à Bruxelles perçoit un salaire de base de 165 000 à 240 000 € dans les grands cabinets de conseil et les institutions financières, avec des structures de bonus de 30 à 40 % et des plans d'intéressement à long terme. La rémunération totale des CISO du quartile supérieur dépasse fréquemment les références publiées de 15 à 25 % en raison de primes non pensionnables et de dispositifs équivalents à des actions qui contournent le système d'indexation automatique des salaires belge. Les employeurs des services financiers rémunèrent dans la fourchette haute. Le risque de contre-offre à ce niveau est considérable, les employeurs actuels égalant ou dépassant fréquemment les offres entrantes pour retenir leurs responsables clés de la sécurité.

Pourquoi les postes TIC sont-ils si difficiles à pourvoir à Bruxelles malgré un chômage élevé ?

Bruxelles affiche un taux de chômage général de 16,4 % parallèlement à 8 200 postes TIC non pourvus. L'inadéquation est structurelle, pas conjoncturelle. La plupart des demandeurs d'emploi disponibles ne possèdent pas les compétences numériques, les certifications ou le trilinguisme français-néerlandais-anglais que les postes TIC exigent. Les programmes publics de reconversion n'ont placé que 340 personnes dans des postes TIC en 2024. Pour les postes seniors en cybersécurité ou cloud, le vivier de candidats est passif à 80-95 %, ce qui signifie que les professionnels sont en poste et ne recherchent pas activement. Pourvoir ces postes nécessite des méthodes de chasse de tête ciblées plutôt que des offres publiées.

Comment la rémunération TIC à Bruxelles se compare-t-elle à Amsterdam et Luxembourg ?

Bruxelles paie 20 à 30 % de moins qu'Amsterdam pour les architectes cloud senior en tenant compte du ruling de 30 % néerlandais pour les travailleurs qualifiés migrants. Les postes en cybersécurité au Luxembourg paient 30 à 40 % de plus en termes bruts, portés par la demande de la banque privée. Les cotisations patronales de sécurité sociale en Belgique poussent le coût total de l'emploi à 1,45 fois celui des Pays-Bas pour un salaire net équivalent. Ces différentiels sont particulièrement pénalisants au niveau exécutif, où Bruxelles accuse un retard de 12 à 18 % par rapport aux homologues néerlandais et français pour les postes de direction en IA et gouvernance des données.

Quel impact la NIS2 a-t-elle eu sur le recrutement en cybersécurité à Bruxelles ?

La transposition de la Directive NIS2 en droit belge avant octobre 2024 a élargi les obligations de conformité en cybersécurité à l'ensemble des secteurs d'infrastructures critiques. Combinée aux exigences de DORA pour les institutions financières, elle a créé une demande immédiate d'auditeurs de conformité NIS2, d'architectes SOC et de spécialistes en sécurité OT. Au niveau national, 3 200 postes en cybersécurité restent non pourvus, dont 40 % concentrés à Bruxelles.

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