Le secteur de la fabrication aérospatiale de Laval est situé à côté de ses plus grands clients et perd ses talents au profit de ceux-ci : le piège de la proximité qui redéfinit le recrutement en 2026

Le secteur de la fabrication aérospatiale de Laval est situé à côté de ses plus grands clients et perd ses talents au profit de ceux-ci : le piège de la proximité qui redéfinit le recrutement en 2026

Le secteur de la fabrication avancée de Laval occupe l'une des positions les plus stratégiquement enviables de l'aérospatiale nord-américaine. Située à 15 minutes des opérations de Bombardier à Dorval, à 25 minutes de Pratt & Whitney Canada à Longueuil, et à proximité des campus d'Airbus et de Bell Textron à Mirabel, les 180 à 220 PME d'usinage de précision et de fabrication de la ville constituent l'ossature des niveaux 2 et 3 de la chaîne d'approvisionnement aérospatiale du Québec. Fin 2025, ces entreprises employaient collectivement environ 14 200 travailleurs dans des postes de fabrication avancée. Le rythme de location industrielle pour les espaces de plus de 50 000 pieds carrés a progressé de 12 % en glissement annuel au cours des T3 et T4 de 2024, signe manifeste d'une expansion des capacités.

Pourtant, quelque chose ne tourne pas rond. La même proximité géographique qui rend Laval indispensable aux OEM de la région de Montréal draine sa main-d'œuvre. Les PME de Laval ont enregistré un taux de roulement volontaire de 18 % sur l'année 2025 — soit 40 % de plus que celui d'entreprises comparables dans des régions plus éloignées du Québec comme l'Estrie ou la Mauricie. Les parcs industriels de la ville affichaient 1 840 postes vacants au T3 2024, soit un taux de vacance de 11,3 %, près du double du niveau prépandémique de référence. Une entreprise d'usinage de précision a maintenu ouvert un poste de programmeur CNC senior pendant 14 mois avant de le pourvoir en recrutant depuis Winnipeg, moyennant une prime salariale de 20 %. La proximité avec les OEM qui achètent la production de Laval est à la fois le plus grand atout logistique du secteur et son passif le plus corrosif en matière de talents.

Ce qui suit est une analyse terrain des forces qui déstabilisent le Aéronautique & Défense à Laval. Cet article examine où les pénuries sont les plus aiguës, pourquoi les stratégies conventionnelles de rétention et de recrutement échouent dans cette géographie précise, et ce que les dirigeants responsables du recrutement dans les opérations lavaloises doivent comprendre avant leur prochaine recherche critique.

Le paradoxe de la proximité : pourquoi être proche des OEM coûte plus que cela ne rapporte

L'argument classique en faveur de la position industrielle de Laval est d'ordre logistique. Un composant en titane usiné peut quitter l'atelier de Chomedey et arriver aux installations de Pratt & Whitney à Longueuil en moins de 30 minutes. Les relations de livraison juste-à-temps entre les sous-traitants de Laval et les intégrateurs de niveau 1 de la grande région de Montréal reposent sur cette proximité. Les 3,2 millions de pieds carrés d'espace industriel concentrés dans le Parc Industriel des Mille-Îles et le Parc Industriel de Laval-Ouest existent précisément parce que la chaîne d'approvisionnement exige un débit physique rapide.

Mais la proximité n'est pas un avantage à sens unique. Chaque corridor autoroutier qui achemine des composants vers le sud transporte également des talents vers le nord, l'est et l'ouest. Airbus et Bell Textron à Mirabel attirent des machinistes expérimentés des banlieues nord de Laval grâce au prestige d'un employeur OEM, à des régimes de retraite à prestations déterminées et à des installations de formation internes qu'aucun atelier d'usinage de 30 personnes ne peut égaler. Selon une étude d'Aéro Montréal sur la rétention des talents en 2024, les PME de Laval perdent approximativement 15 à 20 machinistes expérimentés par an au profit des seuls OEM de Mirabel. Le phénomène est suffisamment constant pour avoir mérité un nom parmi les consultants du secteur : « l'échelle de débauchage ». Laval forme les talents débutants. Après trois à cinq ans d'expérience, ces talents migrent vers un campus OEM offrant de meilleurs avantages sociaux et une marque employeur plus reconnue.

L'arithmétique de la rétention ne tient pas

Le coût de ce cycle n'est pas simplement gênant. Il est structurellement déstabilisant. Un machiniste CNC senior maîtrisant le cinq axes et cumulant huit ans d'ancienneté représente un investissement de centaines de milliers de dollars en formation, en savoir-faire institutionnel et en relations clients. Lorsque cette personne part pour Mirabel ou la grande région de Toronto, la PME ne publie pas simplement une offre de remplacement. Elle entre dans un marché où le ratio de candidats actifs par rapport aux candidats passifs pour les machinistes seniors est de 1:4. Soixante-dix-huit pour cent des machinistes sondés dans la grande région de Montréal déclarent recevoir des sollicitations de recrutement non sollicitées chaque trimestre. La recherche de remplacement, si elle aboutit, prendra des mois.

Une entreprise de transformation de plastiques à Laval a illustré ce calcul du désespoir en 2024. Confrontée à la perte de deux techniciens moulistes seniors au profit de concurrents de la région du GTA, l'entreprise a restructuré l'ensemble de son calendrier d'usine pour instaurer une semaine comprimée de quatre jours et 32 heures, rémunérée au tarif de 40 heures. Le coût annuel en primes d'heures supplémentaires s'élevait à environ 45 000 $. L'alternative : des arrêts de lignes de production qui auraient coûté des multiples de cette somme. Ce n'est pas une stratégie de rémunération. C'est un réflexe de survie.

Le paradoxe qui définit le marché des talents de Laval est le suivant : la proximité de la ville avec les grands employeurs ne crée pas un bassin de main-d'œuvre stable et partagé. Elle crée un pipeline d'extraction où les petites entreprises financent la formation et les grandes récoltent le résultat.

Où les pénuries sont les plus profondes : trois postes qui définissent la crise

Toutes les vacances ne pèsent pas le même poids. Le taux de vacance de 11,3 % de Laval en fabrication avancée couvre un éventail de postes allant des opérateurs débutants aux cadres techniques supérieurs. Mais trois catégories concentrent les lacunes les plus préjudiciables en termes de capacité de production et d'assurance qualité.

Machinistes CNC maîtrisant le cinq axes et Mastercam

C'est le poste le plus contraint du Industrie manufacturière. La programmation CNC cinq axes pour les alliages aérospatiaux — en particulier le titane et l'aluminium de haute qualité — exige des années d'expérience pratique impossibles à comprimer. Le Cégep régional de Laval diplôme 85 à 90 étudiants par an de ses programmes de DEP en mécanique industrielle et en usinage CNC. Cette production dessert l'ensemble de la demande régionale. Lorsqu'une entreprise a besoin d'un programmeur senior cumulant une décennie d'expérience sur Mastercam ou GibbsCAM, le pipeline de formation est hors de propos. Ces candidats existent déjà sur le marché, en poste et sans intention de bouger.

La vacance de 14 mois dans l'entreprise du Parc Industriel des Mille-Îles, finalement comblée par la relocalisation d'un candidat de Winnipeg moyennant une prime salariale de 20 % et une allocation de relocalisation de 15 000 $, n'est pas un cas isolé. C'est le schéma récurrent. Un programmeur CNC principal à Laval se situe entre 85 000 $ et 110 000 $ CAD. À Mississauga, le poste équivalent atteint 110 000 $ à 125 000 $. À Wichita ou Dallas, le même profil rapporte entre 130 000 $ et 150 000 $ USD. Chaque machiniste senior à Laval dispose de multiples options — et la plupart de ces options paient nettement plus.

Ingénieurs qualité aérospatiale certifiés AS9100D

L'assurance qualité en aérospatiale n'est pas une compétence transférable depuis la fabrication générale. La certification d'auditeur AS9100D, une maîtrise approfondie du tolérancement géométrique et dimensionnel (GD&T), et l'expérience de la navigation dans les exigences qualité spécifiques aux clients de Pratt & Whitney ou Bombardier représentent une spécialisation étroite. Le taux de chômage des gestionnaires aérospatiaux au Québec ne s'élevait qu'à 2,1 % en 2024. Le ratio actif/passif pour les directeurs de programmes aérospatiaux, qui assument souvent des responsabilités de supervision qualité, a atteint 1:6.

Autrement dit, pour chaque ingénieur qualité qualifié en recherche active, six sont en poste, satisfaits, et accessibles uniquement par des approches directes et ciblées allant au-delà de la publicité d'emploi conventionnelle.

Mécaniciens industriels certifiés Sceau rouge

Les mécaniciens industriels Sceau rouge entretiennent les équipements CNC, les systèmes hydrauliques et les lignes de production automatisées qui maintiennent les ateliers de Laval en activité. Avec un taux d'emploi de 94 % et une durée moyenne de recherche d'emploi de seulement 3,2 semaines pour les rares mécaniciens au chômage, il s'agit d'un marché où la demande est effectivement permanente et l'offre effectivement fixe. Tout plan d'embauche qui table sur la disponibilité d'un mécanicien Sceau rouge via une offre d'emploi est un plan voué à l'échec.

L'écart de rémunération se creuse au pire niveau possible

Les données sur les différentiels de rémunération entre Laval et ses marchés concurrents racontent une histoire qui s'aggrave, pas qui s'améliore. L'écart ne se creuse pas uniformément. Il se creuse le plus rapidement au niveau de séniorité de mi-carrière, là où la rétention des talents compte le plus.

Les opérateurs CNC débutants à Laval gagnent des salaires globalement comparables à ceux de leurs pairs ailleurs au Québec. L'écart à ce niveau est suffisamment modeste pour que le cadre de vie, les liens familiaux et les préférences culturelles francophones puissent le compenser. Au niveau de spécialiste senior et de gestion, en revanche, le différentiel devient décisif. Un directeur de l'ingénierie manufacturière à Laval gagne entre 130 000 $ et 160 000 $ CAD. Aux niveaux de directeur ou VP, la fourchette s'étend de 175 000 $ à 220 000 $. Ces chiffres sont compétitifs au Québec. Ils ne le sont pas face au GTA, où les mêmes postes bénéficient d'une prime de 18 % à 25 %. Et ils ne sont absolument pas compétitifs face aux centres aérospatiaux américains, où la prime atteint 40 % à 60 % après conversion de devises.

Le professionnel en mi-carrière — âgé de 28 à 40 ans, bilingue et mobile — est la personne que Laval peut le moins se permettre de perdre et qu'elle est la moins bien équipée pour retenir. Les données de Statistique Canada sur la migration interprovinciale de 2023 ont montré qu'environ 12 % des travailleurs manufacturiers quittant Laval se relocalisaient en Ontario chaque année. 8 % supplémentaires des ingénieurs aérospatiaux de Laval émigraient vers les marchés américains, facilités par l'accessibilité du visa TN.

Le défi de la rémunération est amplifié par ce que les PME de Laval ne peuvent offrir au-delà du salaire. Les OEM de Mirabel proposent des régimes de retraite à prestations déterminées et des privilèges de vol. Les grands employeurs américains offrent une participation au capital, des allocations de relocalisation et des installations qui surpassent largement un atelier de 50 personnes. Les entreprises de Laval ont répondu là où elles le pouvaient. La prime à la signature de 35 000 $ et la participation accélérée aux bénéfices qu'une PME de fabrication métallique a utilisées pour débaucher un directeur de l'ingénierie manufacturière de Longueuil au T2 2024, comme rapporté par Les Affaires, représentaient un ensemble complet supérieur de 28 % à la médiane du marché. C'est une offre gagnante pour un recrutement ponctuel. Ce n'est pas une stratégie de rémunération évolutive pour un secteur entier.

Pour les dirigeants responsables du recrutement qui évaluent comment négocier des ensembles de rémunération capables de faire réellement bouger les candidats passifs, la leçon de Laval est que le salaire de base seul ne détermine plus les résultats. C'est la proposition globale — incluant la flexibilité d'horaire, la participation au capital ou aux bénéfices, et la trajectoire de carrière au sein de l'entreprise — qui sépare les offres qui aboutissent de celles qui stagnent.

Les forces structurelles qui compriment le bassin de talents de toutes parts

La pénurie de talents qualifiés en fabrication aérospatiale à Laval n'est pas simplement une question de demande excédant l'offre. C'est l'histoire de multiples forces qui compriment simultanément le bassin disponible, chacune aggravant les autres.

La demande de relocalisation de proximité entre en collision avec la rareté de la main-d'œuvre

Au cours de 2024 et début 2025, 34 % des fabricants de précision basés à Laval ont rapporté de nouvelles demandes de contrats de la part d'entreprises aérospatiales américaines cherchant à réduire les risques liés à leurs chaînes d'approvisionnement asiatiques, selon l'enquête de Manufacturiers et Exportateurs du Canada Québec. C'est le dividende du recentrage géographique que le secteur manufacturier canadien anticipait depuis des années. Il arrive. Mais il arrive dans un marché du travail incapable de l'absorber.

Aéro Montréal prévoit que les revenus de la chaîne d'approvisionnement aérospatiale du Québec augmenteront de 5,5 % par an jusqu'en 2026, Laval étant positionnée pour capter le travail d'usinage sous-traité par les équipementiers qui verticalisent les composants moins critiques. Une croissance de 3 % à 4 % des effectifs est anticipée. L'écart entre cette prévision et le taux de vacance actuel dit tout. Les entreprises se voient offrir plus de travail qu'elles ne peuvent doter en personnel.

L'ironie est mordante. La même instabilité géopolitique qui rend Laval attrayante pour les acheteurs américains — le désir de rapprocher la production — menace simultanément de perturber les propres relations d'exportation de Laval. Des tarifs potentiels de 25 % sur les produits canadiens sous la deuxième administration Trump frapperaient durement les ateliers de Laval. Trente-cinq à quarante pour cent des revenus de ces entreprises proviennent des chaînes d'approvisionnement aérospatiales américaines. Une entreprise qui vient d'embaucher trois nouveaux machinistes pour honorer un contrat de relocalisation pourrait voir ce contrat s'évaporer en quelques mois si des tarifs sont imposés. C'est le genre de revirement politique qui rend la planification à long terme du pipeline de talents extraordinairement difficile.

Le frein réglementaire : la loi 96 et le goulot d'étranglement des marchandises contrôlées

Deux contraintes réglementaires resserrent davantage le pipeline de talents. Les amendements de la loi 96 à la Charte de la langue française, en vigueur depuis 2023, exigent que tous les contrats de travail, la documentation de sécurité et les interfaces de programmation CNC soient disponibles en français. Pour les entreprises employant des machinistes immigrants, dont beaucoup sont anglophones ou allophones, cela crée des coûts de conformité et restreint le bassin mondial de talents dans lequel Laval peut recruter. Le Conseil du patronat du Québec a documenté l'impact sur les PME manufacturières, bien que la quantification précise des perturbations opérationnelles reste difficile à isoler.

Le Programme des marchandises contrôlées présente un goulot d'étranglement différent. Les fournisseurs aérospatiaux travaillant sur des contrats de défense nécessitent une inscription au PMC, et les délais de traitement des habilitations de sécurité de quatre à six mois créent des retards d'embauche qui peuvent coûter des contrats. Vingt-deux pour cent des entreprises de Laval ont rapporté avoir perdu des contrats en 2024 faute d'avoir pu doter en personnel habilité assez rapidement. Ce n'est ni un problème de formation, ni un problème de rémunération. C'est un problème de débit bureaucratique, et il touche de manière disproportionnée les petites entreprises qui manquent de capacité administrative pour gérer plusieurs demandes d'habilitation simultanément.

Les contraintes physiques : aucune marge pour croître, aucun transport pour y accéder

Le taux d'inoccupation industrielle de Laval a atteint 1,8 % au T3 2024, le plus serré du Grand Montréal. Les prix des terrains ont augmenté de 40 % depuis 2020. Pour une PME prospère qui vient de remporter un contrat de délocalisation de proximité et qui a besoin d'agrandir sa surface, il n'y a physiquement nulle part où aller dans les corridors industriels établis de la ville.

Pour aggraver la situation, les parcs industriels de l'ouest de Laval ne disposent pas d'accès direct au métro ou au train de banlieue. Le réseau de bus de la Société de transport de Laval se termine à la station de métro Montmorency, nécessitant 20 à 30 minutes de trajet supplémentaire en autobus pour atteindre les zones industrielles de Chomedey et Saint-Vincent-de-Paul. Cet écart de desserte en transport n'est pas un inconvénient mineur. Il exclut des bassins de talents entiers. Les nouveaux immigrants sans véhicule, les jeunes travailleurs qui n'ont pas encore de voiture et les résidents des quartiers plus denses de Montréal qui pourraient autrement se rendre à un emploi manufacturier à Laval sont fonctionnellement dans l'impossibilité d'atteindre le lieu de travail. Dans un marché où chaque candidat supplémentaire compte, c'est une contrainte auto-infligée.

Le mythe du développement des talents : pourquoi le pipeline ne peut pas sauver le présent

La thèse analytique centrale de cet article est la suivante : le secteur de la fabrication aérospatiale de Laval a investi dans la mauvaise strate de son pipeline de talents. Le Cosmodôme, l'institution aérospatiale la plus visible de la ville, touche 45 000 jeunes par an grâce à ses activités de sensibilisation STIM et génère un réel enthousiasme pour les carrières liées à l'espace. Les documents de développement économique municipal le positionnent comme une pierre angulaire de l'écosystème aérospatial de Laval. Mais moins de 3 % des techniciens aérospatiaux travaillant à Laval citent les programmes pour jeunes de type camp spatial ou Cosmodôme comme ayant influencé leur choix de carrière. Soixante-sept pour cent citent des liens familiaux dans le secteur manufacturier ou des programmes techniques de cégep.

La véritable filière de formation de la main-d'œuvre de Laval passe par des établissements situés dans d'autres municipalités. Les principaux diplômes de technicien aérospatial sont concentrés au Cégep Édouard-Montpetit à Longueuil et à l'École des métiers de l'aérospatiale à Montréal. Le Cégep régional de Laval produit 85 à 90 diplômés en CNC et mécanique industrielle par année — un nombre respectable qui dessert néanmoins l'ensemble de la demande régionale, et non Laval seule.

Le constat est inconfortable. Laval consacre des ressources publiques à un positionnement de marque qui la présente comme un pôle aérospatial, alors que l'infrastructure de développement de la main-d'œuvre qui produit réellement des machinistes et des mécaniciens se trouve dans les villes voisines. Le Cosmodôme inspire des jeunes de 12 ans à rêver d'espace. Il ne produit pas des adultes de 28 ans capables de programmer une fraiseuse cinq axes. L'écart entre l'inspiration et l'employabilité se mesure en une décennie de formation et d'expérience qui se déroule ailleurs.

Pour les organisations qui constituent des équipes de direction dans ce secteur, la conséquence est claire. Aucun investissement public dans la marque ou la sensibilisation ne comblera le déficit de mi-carrière dans les deux à trois prochaines années. Les candidats capables de gérer des lignes de production, d'administrer des systèmes qualité et de diriger des équipes d'ingénierie existent aujourd'hui en nombre fini. Les trouver exige d'aller là où ils se trouvent, pas d'attendre qu'ils se présentent.

Ce que les dirigeants responsables du recrutement doivent faire différemment dans ce marché

L'approche d'embauche conventionnelle pour le secteur manufacturier de Laval — publier un poste sur Indeed ou Emploi-Québec, filtrer les candidatures entrantes et sélectionner parmi ceux qui se présentent — atteint la mauvaise population. Les opérateurs CNC débutants génèrent des volumes élevés de candidatures via les sites d'emploi. Les programmeurs CNC seniors, les ingénieurs qualité aérospatiale et les mécaniciens industriels Sceau rouge, non. Les ratios actif/passif dans ce marché vont de 1:3 à 1:6 pour les postes qui comptent le plus.

Une recherche pour un VP Opérations ou un directeur général dans une PME aérospatiale de Laval — un poste commandant un salaire de base de 185 000 $ à 240 000 $ CAD plus 25 % à 35 % de bonus — ne peut pas aboutir par la publicité. Les candidats qui correspondent à ce profil — des leaders bilingues avec une expérience de responsabilité P&L dans des installations de 100 à 300 employés, des certifications Lean Six Sigma et une maîtrise de la conformité aux exportations ITAR/EAR — sont en poste. Ils performent bien. Ils ne parcourent pas les sites d'emploi.

Les atteindre nécessite une identification directe et une approche ciblée allant au-delà des bassins de candidats visibles. Cela nécessite de comprendre les dynamiques concurrentielles de ce marché de talents spécifiques suffisamment bien pour savoir quelles entreprises emploient les bonnes personnes, ce que ces personnes valorisent, et quelle proposition construire pour les faire bouger. Ce n'est pas un jeu de volume. C'est une opération de précision — ce qui est tout à fait approprié pour un secteur bâti sur la précision.

Le risque de se tromper est considérable. Le coût d'un recrutement de cadre manqué dans un environnement manufacturier où un seul dirigeant senior supervise les calendriers de production, les certifications qualité et les relations OEM peut se mesurer en contrats perdus, en arrêts de production et en confiance client endommagée. Dans un marché aussi tendu, le coût d'un poste vacant prolongé est tout aussi sévère.

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Pour les organisations qui rivalisent pour le leadership manufacturier et aérospatial à Laval et dans la grande région de Montréal — où les candidats capables de gérer vos opérations dirigent déjà celles de quelqu'un d'autre — échangez avec notre équipe de chasse de dirigeants sur la façon dont nous identifions et engageons les talents que ce marché dissimule.

Foire aux questions

Pourquoi est-il si difficile de recruter des machinistes CNC à Laval, Québec ?

La pénurie de machinistes CNC à Laval reflète une combinaison de production de formation limitée et de concurrence intense de la part d'employeurs mieux dotés en ressources. Le Cégep régional de Laval diplôme 85 à 90 étudiants par an en CNC et mécanique industrielle, desservant l'ensemble de la demande régionale. Les programmeurs seniors cinq axes maîtrisant Mastercam sont majoritairement passifs. Le ratio actif/passif est de 1:4, ce qui signifie que quatre machinistes qualifiés sur cinq sont en poste et ne répondent pas aux offres d'emploi. Les OEM de Mirabel comme Airbus et Bell Textron attirent les talents expérimentés de Laval avec des packages d'avantages sociaux supérieurs, tandis que les employeurs du GTA offrent des primes salariales de 18 % à 25 %. Pourvoir ces postes nécessite des approches de chasse de tête directe qui atteignent les candidats en dehors des canaux visiblescom/fr/headhunting).

Combien gagnent les cadres dans la fabrication aérospatiale à Laval ?**

Les postes de VP Opérations et de directeur général dans les PME aérospatiales de Laval commandent un salaire de base de 185 000 $ à 240 000 $ CAD plus 25 % à 35 % de bonus, avec une participation au capital possible dans les entreprises privées. Les directeurs de l'ingénierie manufacturière gagnent de 175 000 $ à 220 000 $ CAD. Les directeurs des opérations seniors gagnent de 115 000 $ à 145 000 $ CAD plus 10 % à 15 % de bonus. Ces chiffres sont compétitifs au Québec mais se situent 18 % à 25 % en dessous des postes équivalents dans le GTA et 40 % à 60 % en dessous des centres aérospatiaux américains comme Wichita ou Seattle après conversion de devises. La structuration de la rémunération globale — incluant les semaines comprimées et la participation aux bénéfices — est devenue essentielle pour formuler des offres compétitives.

**Comment la loi 96 affecte-t-elle le recrutement manufacturier à Laval ?La loi 96, les amendements du Québec à la Charte de la langue française en vigueur depuis 2023, exigent que tous les contrats de travail, la documentation de sécurité et les interfaces de programmation CNC soient disponibles en français. Cela crée des coûts de conformité pour les fabricants de Laval employant du personnel technique allophone ou anglophone et restreint le bassin de recrutement international. Les entreprises qui pourraient autrement recruter des machinistes expérimentés sur des marchés anglophones font face à des exigences documentaires supplémentaires. L'effet concret est une compression supplémentaire du bassin de talents déjà limité disponible pour les PME aérospatiales de Laval, en particulier pour les postes techniques spécialisés où le vivier de candidats mondial est majoritairement anglophone.

Quel est l'impact du nearshoring sur la chaîne d'approvisionnement aérospatiale de Laval ?

Au cours de 2024 et 2025, 34 % des fabricants de précision de Laval ont rapporté de nouvelles demandes de contrats de la part d'entreprises aérospatiales américaines cherchant à réduire les risques liés à leurs chaînes d'approvisionnement asiatiques. Cette vague de nearshoring stimule la croissance des revenus, Aéro Montréal projetant une croissance annuelle de 5,5 % des revenus de la chaî

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