Les produits forestiers à Saguenay en 2026 : un essor du bois massif qui se heurte à une pénurie de main-d'œuvre
Les installations de produits du bois d'ingénierie de Saguenay fonctionnent à 85 à 90 % de leur capacité. Les opérations de bois lamellé-croisé (CLT) et de bois lamellé-collé montent en puissance pour répondre à la demande en Ontario et dans le nord-est des États-Unis. Le Code de construction du Québec autorise désormais la construction en bois jusqu'à 12 étages, et Chantiers Chibougamau a investi 45 millions CAD pour doubler sa capacité de production de CLT. Le capital afflue dans ce marché avec conviction.
La main-d'œuvre, elle, ne suit pas le rythme. Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) prévoit un déficit de 1 800 travailleurs spécialisés dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean d'ici 2026. Un quart des effectifs actuels a plus de 55 ans et approche de la retraite. Les postes les plus difficiles à pourvoir ne sont pas ceux de main-d'œuvre générale, mais bien ceux de superviseurs de maintenance maîtrisant les automates programmables (API), de techniciens de production CLT capables d'opérer des centres d'usinage CNC du bois, ou encore d'ingénieurs forestiers formés aux certifications en gestion durable. Le délai moyen pour pourvoir un poste de superviseur de maintenance s'élève désormais à 90 à 120 jours. Pour un spécialiste du CLT, il dépasse 100 jours.
Ce qui suit est une analyse de terrain expliquant pourquoi le secteur des produits forestiers de Saguenay connaît simultanément croissance et contraction, où les lacunes en recrutement sont les plus marquées, quelles forces les aggravent, et ce que les organisations présentes sur ce marché doivent faire différemment pour sécuriser les talents dont dépendent leurs stratégies d'investissement.
Une reprise à deux vitesses : deux secteurs qui évoluent dans des directions opposées
Le terme « reprise » s'applique de manière inégale à Industrie manufacturière. Les produits du bois d'ingénierie sont en plein essor, tandis que les scieries de produits de base se contractent. Même marché, réalités diamétralement opposées.
Côté croissance, les fabricants de CLT et de bois lamellé-collé bénéficient d'un cadre réglementaire favorable. La mise à jour du Code de construction du Québec en 2024 a ouvert la voie à la construction en bois de grande hauteur, et le pipeline de projets en Ontario et dans le nord-est des États-Unis génère une demande soutenue. Pays nordiques Structures et Chantiers Chibougamau sont les principaux bénéficiaires au sein du pôle saguenéen, opérant près de leur pleine capacité avec des projets d'expansion approuvés ou en cours.
Côté contraction, la production régionale de bois d'œuvre résineux a reculé de 8 % en glissement annuel tout au long de 2024, selon Statistique Canada. Les scieries orientées vers les produits de base font face à des réductions de production liées à des pénuries de fibre qui ne montrent aucun signe d'atténuation. La saison des feux de forêt de 2023 au Québec a détruit 4,7 millions d'hectares de forêt. L'épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette a contraint à des récoltes précoces dans plusieurs unités d'aménagement, dégradant la qualité du bois de sciage. Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) a réduit les volumes autorisés dans la région de planification du Saguenay de 12 % pour la période 2024 à 2026.
Cette bifurcation est la caractéristique déterminante du marché en 2026. Elle conditionne chaque décision de recrutement. Le secteur du bois d'ingénierie se livre à une concurrence féroce pour un bassin très restreint de techniciens et d'ingénieurs spécialisés. Le secteur des commodités, quant à lui, supprime des postes généraux tout en ne parvenant pas à pourvoir les postes techniques essentiels à son maintien opérationnel. Ce ne sont pas les mêmes marchés du travail : ils partagent une géographie et un approvisionnement en fibre, mais presque rien d'autre.
La contrainte en fibre est une contrainte en talents
La plupart des analyses du secteur forestier de Saguenay traitent l'approvisionnement en fibre et l'approvisionnement en talents comme des problèmes distincts. Ils ne le sont pas. La contraction du panier de bois redéfinit directement les besoins en compétences de chaque opération régionale et rend le recrutement plus difficile, non plus facile.
Pourquoi moins de fibre signifie une main-d'œuvre plus spécialisée
Lorsque les volumes autorisés diminuent et que la qualité de la fibre se dégrade, les opérations ne se contentent pas de produire moins : elles doivent produire autrement. Des usines qui faisaient autrefois tourner des lignes de commodités avec des intrants prévisibles ont désormais besoin d'ingénieurs de procédés capables d'optimiser les rendements à partir de matières premières de moindre qualité. Les opérateurs de séchoirs doivent maîtriser les systèmes de récupération d'énergie pour préserver les marges sur des volumes réduits. Les surintendants forestiers en charge de l'approvisionnement doivent gérer des certifications de gestion durable de plus en plus complexes selon les référentiels FSC et PEFC, en s'appuyant sur l'analyse de données SIG et LiDAR pour planifier les récoltes dans un cadre écologique renforcé.
La stratégie d'aménagement forestier intensif du MRNF vise à améliorer les rendements à long terme. Mais selon le rapport sur l'état des forêts au Canada 2024 de Ressources naturelles Canada, ces gains ne se concrétiseront qu'au bout d'une vingtaine d'années. Le déficit d'approvisionnement à moyen terme est donc une réalité structurelle, et chaque employeur de la région doit planifier en conséquence.
La complication Bioénergie Saguenay
Le projet Bioénergie Saguenay, d'une valeur de 1,4 milliard CAD, vise à convertir les résidus forestiers en carburant d'aviation durable et en bioproduits chimiques. Si la construction débute fin 2026 comme prévu, le projet créera 200 emplois permanents. Il intensifiera également la concurrence pour la fibre entre tous les producteurs existants de pâte et de panneaux de la région.
Il ne s'agit pas seulement d'un problème d'allocation de ressources, mais bien d'un problème d'allocation de talents. Les compétences en bioénergie et en comptabilité carbone requises par une installation de carburant d'aviation durable sont émergentes et quasi absentes de la main-d'œuvre régionale. Les employeurs recruteront les mêmes ingénieurs de procédés et spécialistes en automatisation que les usines existantes peinent déjà à trouver, tout en introduisant simultanément une nouvelle catégorie de postes spécialisés pour laquelle aucun pipeline de formation n'existe dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le capital s'engage vers un avenir pour lequel la main-d'œuvre n'a pas été préparée.
L'illusion des 6,1 % : pourquoi le taux de chômage régional masque le vrai problème
Le taux de chômage à Saguenay, à 6,1 %, est nettement supérieur à la moyenne provinciale québécoise de 4,9 %. Un responsable RH consultant les statistiques du marché du travail pourrait en conclure qu'il existe un vivier de talents disponible. Cette conclusion serait erronée pour tous les postes clés.
Le chiffre de 6,1 % reflète une moyenne agrégée. Il inclut des travailleurs déplacés du commerce de détail, des ouvriers saisonniers de la construction et d'anciens employés de scieries de produits de base dont les postes ont été supprimés. Il ne décrit en rien le marché des superviseurs de maintenance experts en automates programmables, ni celui des techniciens de production CLT, encore moins celui des ingénieurs forestiers titulaires de certifications en gestion durable.
Dans ces catégories spécifiques, le marché est extrêmement tendu. Le CIFQ indique que 68 % des scieries régionales citent le recrutement de superviseurs de maintenance comme leur principale contrainte. Les durées de vacance pour ces postes ont doublé depuis 2019, passant de 45–60 jours à 90–120 jours. Pour les spécialistes du CLT, la durée typique dépasse 100 jours. L'Ordre des ingénieurs du Québec rapporte que les diplômés en génie forestier de l'UQAC reçoivent plusieurs offres avant même leur diplomation, les employeurs régionaux perdant régulièrement des candidats au profit de cabinets de conseil basés à Montréal.
C'est là le point central : Saguenay connaît un surplus de travailleurs généraux, mais un déficit criant des profils spécialisés dont dépendent ses secteurs en croissance. Le décalage des compétences est profondément ancré et s'aggrave à mesure que l'automatisation progresse et que la transition vers la bioéconomie s'accélère. Les statistiques générales sur le chômage ne sont pas seulement inutiles pour la planification des effectifs ; elles sont activement trompeuses.
Le piège de la rémunération : rivaliser avec Montréal, [Québec](/fr/quebec-city-canada-executive-search) et le Nord de l'Ontario
Les employeurs du secteur des produits forestiers de Saguenay sont engagés dans une guerre de rémunération sur trois fronts qu'ils sont structurellement mal placés pour remporter. Chaque région concurrente offre des avantages que Saguenay ne peut égaler.
Montréal propose des primes salariales de 15 à 25 % pour des postes d'ingénierie équivalents. Paper Excellence y maintient son siège social canadien, tandis que Resolute Forest Products et Domtar y conservent des fonctions administratives et de R&D. Pour un ingénieur forestier qui compare deux offres, Montréal signifie un salaire de base plus élevé, une trajectoire de carrière plus claire et une flexibilité accrue en télétravail. L'avantage historique de Saguenay en termes de coût de la vie s'est estompé, les coûts du logement montréalais étant partiellement compensés par des perspectives professionnelles indisponibles dans un pôle manufacturier régional.
Québec rivalise autrement. Elle abrite le siège du MRNF ainsi que de grands cabinets d'ingénierie comme Stantec et WSP. Pour les ingénieurs forestiers en milieu de carrière, la stabilité du secteur public et les avantages sociaux associés constituent une alternative à faible risque face à l'exposition cyclique d'un poste manufacturier à Saguenay. Les dynamiques de contre-offres sur ce marché dépendent moins de l'alignement salarial que de l'appétit pour le risque.
Le Nord de l'Ontario représente la menace la plus directe pour les talents opérationnels. Les employeurs de Thunder Bay, Greenstone et Timmins offrent des primes d'éloignement de 10 à 15 % au-dessus des salaires de Saguenay, souvent accompagnées d'arrangements de navettage aérien (vol entrant/vol sortant). Selon l'enquête salariale 2024 de l'Ontario Forest Industries Association, cela crée un exode persistant vers l'ouest des talents techniques bilingues. Un superviseur de maintenance bilingue, expérimenté sur les presses continues, est sans doute le profil le plus recherché de toute l'industrie forestière canadienne. Les employeurs de Saguenay égalent rarement les forfaits de mobilité couramment proposés par leurs concurrents ontariens.
Au niveau de la direction, les écarts sont tout aussi préoccupants. Un VP Fabrication ou un directeur d'usine supervisant 150 employés ou plus perçoit un salaire de base de 185 000 à 245 000 CAD, plus 30 à 40 % de bonus et des incitatifs à long terme, selon les données de benchmarking d'Odgers Berndtson. Un directeur des services techniques en pâtes et papiers se situe entre 160 000 et 195 000 CAD, tandis qu'un VP Approvisionnement en fibre atteint 170 000 à 220 000 CAD. Ces enveloppes sont compétitives au Québec, mais insuffisantes face aux propositions globales de Montréal ou de Toronto. Attirer un cadre dirigeant à Saguenay exige un argumentaire convaincant au-delà de la rémunérationque la plupart des employeurs régionaux ne savent pas encore formuler efficacement.
Un marché de candidats passifs que les sites d'emploi ne peuvent pas atteindre
Le vivier de talents pour les postes les plus critiques à Saguenay est massivement passif. Ce n'est pas une hypothèse — les chiffres sont précis et alarmants.
Les ingénieurs de procédés senior en pâte kraft avec dix ans d'expérience ou plus sont passifs à 90 %, selon LinkedIn Talent Insights pour le Québec. Ces professionnels travaillent chez Paper Excellence, Domtar ou Catalyst Paper. Ils ne sont ni sur les sites d'emploi, ni réceptifs aux annonces. Leur quotidien consiste à résoudre des problèmes techniques dans des usines précises, et la seule façon de les approcher passe par l'identification directe et le headhuntingcom/fr/headhunting).
Le marché des spécialistes en conception et production de CLT affiche un taux de passivité de 80 %. Les candidats expérimentés en fabrication de bois massif sont engagés dans des projets à long terme, souvent assortis de primes de rétention qui pénalisent financièrement tout départ. Les délais de recherche pour ces postes s'étendent de trois à six mois, selon le Mass Timber Institute.
Les responsables de maintenance spécialisés dans le secteur du bois — notamment ceux expérimentés sur les presses continues pour panneaux de particules ou les chaudières de récupération en usine de pâte — sont passifs à 85 %, avec une ancienneté moyenne dépassant sept ans chez leur employeur actuel. L'enquête sur la main-d'œuvre 2024 du CIFQ confirme ce que tout recruteur sait déjà : le vivier visible de candidats ne représente qu'une fraction du talent disponible, et cette fraction visible n'est généralement pas celle qu'il faut recruter.
Pour les responsables du recrutement habitués à publier des offres et à attendre les candidatures, ce marché sanctionnera cette approche. Une recherche de superviseur de maintenance à Saguenay fondée uniquement sur les candidatures spontanées n'atteindra qu'environ 15 % des profils qualifiés. Les 85 % restants doivent être identifiés, approchés et convaincus. La méthode compte autant que le mandat.
Exposition commerciale et pression réglementaire : des forces qui compriment les marges et les budgets de recrutement
Les employeurs du secteur des produits forestiers de Saguenay ne fixent pas les prix — ils les subissent. Cette exposition aux cycles des marchés internationaux et aux politiques commerciales pèse sur la croissance des salaires, aggravant ainsi les défis de recrutement décrits plus haut.
Droits américains sur le bois d'œuvre résineux
L'expiration en 2024 de la fenêtre de négociation de l'Accord sur le bois d'œuvre résineux a laissé les producteurs québécois exposés à des taux de droits américains imprévisibles, actuellement en moyenne de 8,05 %. Les scieries de Saguenay exportant vers le nord-est des États-Unis restent vulnérables aux mesures commerciales correctives, qui peuvent faire varier les marges de plusieurs points lors d'une seule révision administrative. Cette incertitude complique tout engagement sur des enveloppes de rémunération pluriannuelles, pourtant indispensables pour attirer et retenir des talents opérationnels expérimentés.
Cyclicité des prix de la pâte
Les prix de la pâte NBSK ont fluctué de 1 420 USD la tonne au T3 2023 à 1 890 USD la tonne au T4 2024, selon Fastmarkets RISI. La prévision de stabilisation à 1 650–1 750 USD la tonne en 2026 soutient des opérations stables chez Paper Excellence Saint-Félicien, mais limite le capital disponible pour de nouveaux postes ou des enveloppes de rémunération premium. Pour un VP Approvisionnement en fibre envisageant une relocalisation, la question n'est pas seulement le salaire actuel, mais la capacité de l'employeur à le maintenir lors du prochain creux du marché.
Exigences réglementaires en capital
Les amendements de 2024 à la Loi sur les forêts du Québec renforcent les exigences en matière d'aménagement écosystémique. La protection de l'habitat du caribou seule pourrait réduire la fibre accessible de 5 à 8 % dans la région de planification du Saguenay. Le Règlement fédéral sur les combustibles propres, bien qu'il stimule la demande en granulés expédiés via le Port de Saguenay, impose de nouvelles obligations aux chaudières à biomasse des scieries. Des mises à niveau d'équipements, estimées à 2 à 5 millions CAD par installation, sont désormais requises. Chaque dollar investi en conformité réglementaire est un dollar de moins pour le recrutement ou la rétention.
Ces forces ne sont pas des perturbations temporaires. Ce sont les conditions d'exploitation permanentes de ce marché. Toute stratégie d'Executive Search qui ignore les contraintes de marge auxquelles ces employeurs sont soumis échouera à l'étape de l'offre. Le candidat posera des questions sur la stabilité de l'entreprise — et la réponse devra être convaincante.
Ce qui doit changer : recruter sur un marché aussi étroit exige une méthode différente
L'approche traditionnelle pour pourvoir les postes de direction et de spécialistes dans le secteur des produits forestiers de Saguenay consistait à publier localement, attendre et espérer. Les données montrent clairement que cette méthode ne fonctionne plus. Les durées de vacance ont doublé. Le taux de candidats passifs dépasse 80 % pour chaque poste critique. La concurrence géographique attire les talents qualifiés dans trois directions simultanément.
Les organisations qui réussiront à recruter les superviseurs de maintenance, les techniciens CLT, les ingénieurs de procédés et les directeurs d'usine dont elles ont besoin seront celles qui traiteront le recrutement comme un enjeu de veille et de renseignement, et non comme un exercice de diffusion d'annonces. Cela implique de cartographier les viviers de talents spécifiques où se trouvent les candidats qualifiés, de comprendre ce qui les motiverait à changer de poste, et de construire une proposition individualisée plutôt que générique.
C'est ici que la synthèse de cet article prend tout son sens. L'investissement dans l'automatisation, l'expansion du bois massif et la transition vers la bioéconomie n'a pas réduit les besoins en main-d'œuvre : il a remplacé une catégorie de travailleurs par une autre qui n'existe pas encore en nombre suffisant. Le capital a évolué plus vite que le capital humain. Les postes restés vacants ne sont pas des vestiges du passé — ce sont ceux que la nouvelle économie exige. Et les professionnels capables de les occuper ne cherchent pas de travail. Ils sont en poste, retenus, et invisibles pour tout processus qui commence par une offre d'emploi.
L'approche de KiTalent en matière de chasse de cadres dans les secteurs industriels et manufacturierscom/fr/industrial-manufacturing) est conçue précisément pour ce type de marché. La cartographie des talents alimentée par l'AI identifie les candidats au sein du vivier passif. Le modèle de facturation au retainer garantit que les organisations n'investissent que lorsqu'elles rencontrent des profils qualifiés. La présentation de candidats prêts à être reçus en entretien sous 7 à 10 jours compresse des délais qui dépassent habituellement 100 jours sur ce marché. Avec un taux de rétention à un an de 96 % sur plus de 1 450 placements de cadres, cette méthode n'est pas expérimentale — elle est éprouvée.
Pour les organisations qui rivalisent pour les talents de direction dans le secteur des produits forestiers et de la fabrication du bois à Saguenay, où les candidats dont vous avez besoin travaillent dans des usines concurrentes et où le coût d'une vacance prolongée se mesure en capacité de production perdue et en retards sur les calendriers d'expansion, échangez avec notre équipe de chasse de cadres sur la manière dont nous abordons ce marché.
Foire aux questions
Qu'est-ce qui provoque la pénurie de talents dans les produits forestiers à Saguenay ?
Trois forces convergent. Premièrement, 25 % de la main-d'œuvre actuelle a plus de 55 ans et approche de la retraite, créant un déficit que le CIFQ projette à 1 800 travailleurs spécialisés d'ici 2026. Deuxièmement, la transition vers les produits du bois d'ingénierie comme le CLT et le bois lamellé-collé exige des compétences techniques fondamentalement différentes de celles des scieries traditionnelles. Troisièmement, des régions concurrentes — Montréal, Québec et le Nord de l'Ontario — offrent des primes salariales ou des avantages en termes de qualité de vie qui attirent les professionnels qualifiés hors de la région. L'UQAC ne diplôme que 25 à 30 ingénieurs forestiers par an, bien en deçà de la demande du marché.
Combien gagnent les postes seniors en produits forestiers à Saguenay ?
Un directeur d'usine ou VP Fabrication supervisant 150 employés ou plus perçoit un salaire de base de 185 000 à 245 000 CAD, plus 30 à 40 % de bonus et des incitatifs à long terme. Un ingénieur de procédés senior en pâtes et papiers gagne entre 105 000 et 132 000 CAD. Un surintendant forestier avec 15 ans d'expérience ou plus en approvisionnement en fibre perçoit entre 115 000 et 140 000 CAD. Montréal offre des primes de 15 à 25 % pour des postes d'ingénierie équivalents, et le Nord de l'Ontario propose des primes d'éloignement de 10 à 15 % au-dessus des salaires de Saguenay. Un étalonnage de marché pour ces postescom/fr/market-benchmarking) est essentiel avant toute offre.
Pourquoi les techniciens de production CLT sont-ils si difficiles à recruter ?
La fabrication de bois lamellé-croisé exige des opérateurs capables de faire fonctionner des centres d'usinage CNC du bois et de gérer des systèmes d'application d'adhésifs. Ce sont des compétences de niche, sans pipeline de formation standardisé au Québec. Les candidats expérimentés sont généralement engagés dans des projets à long terme, souvent assortis de primes de rétention. Le Mass Timber Institute estime que 80 % des spécialistes CLT qualifiés sont des candidats passifs, c'est-à-dire qu'ils ne cherchent pas activement un nouveau poste. Les durées de vacances typiques dépassent 100 jours, et de nombreux postes nécessitent 6 à 9 mois de montée en compétences pour les candidats recrutés dans des secteurs adjacents.
Comment fonctionne l'approche de chasse de cadres de KiTalent pour les postes en produits forestiers ?
KiTalent utilise la cartographie des talents alimentée par l'IA et le chasseur de têtes direct pour identifier les candidats qualifiés au sein du vivier passif, qui représente 80 à 90 % du marché pour les postes critiques en produits forestiers. Les candidats prêts à être reçus en entretien sont présentés sous 7 à 10 jours, selon un modèle de facturation au retainer. Cela compresse des délais de recherche qui dépassent généralement 90 jours sur le marché de Saguenay et garantit que les organisations n'investissent que lorsqu'elles rencontrent des profils correspondant précisément au cahier des charges. Le taux de rétention à un an de 96 % reflète la rigueur de l'évaluation des candidats avant toute présentation.
Quel impact le projet Bioénergie Saguenay aura-t-il sur le recrutement ?
Si le complexe de valorisation de la biomasse d'une valeur de 1,4 milliard CAD se concrétise, il créera 200 emplois opérationnels permanents nécessitant des compétences en bioénergie, en comptabilité carbone et en ingénierie de procédés. Ces postes entreront en concurrence directe avec les producteurs existants de pâte et de panneaux pour le même bassin restreint de talents spécialisés. Le projet resserrera également la concurrence pour l'approvisionnement en fibre dans toute la région. Pour les employeurs qui peinent déjà à pourvoir les postes de maintenance et d'ingénierie, il représentera une pression supplémentaire sur un marché déjà parmi les plus tendus du secteur industriel québécois.
Quel est le plus grand risque d'une chasse de cadres trop lente sur ce marché ?
Sur un marché où 85 à 90 % des candidats qualifiés sont passifs et où les durées de vacance dépassent déjà 90 jours, une recherche lente aggrave sa propre difficulté. Les meilleurs candidats du vivier passif reçoivent de multiples sollicitations. Un processus qui met des mois à produire une shortlist constatera systématiquement que ses meilleures options ont déjà été approchées par des concurrents. Le coût ne se limite pas au poste non pourvu : c'est la production perdue pendant la vacance, particulièrement dans des installations fonctionnant à 85 à 90 % de leur capacité, où chaque jour compte. Les cabinets qui comprennent pourquoi le recrutement de cadres conventionnel échoue dans les secteurs spécialisés adaptent leurs méthodes en conséquence.