Le secteur agroalimentaire de Fribourg : comment l'investissement dans l'automatisation crée la pénurie de talents qu'il était censé résoudre

Le secteur agroalimentaire de Fribourg : comment l'investissement dans l'automatisation crée la pénurie de talents qu'il était censé résoudre

Le canton de Fribourg emploie environ 4 200 personnes dans son secteur agroalimentaire, couvrant la transformation laitière, la fabrication de chocolat et la production alimentaire de spécialité. Il produit annuellement 29 500 tonnes de Gruyère AOP, dont 70 % sont exportés, et constitue le socle d'une chaîne d'approvisionnement qui s'étend de 1 600 producteurs alpins aux marchés internationaux — France, Italie et au-delà. Selon tous les indicateurs de production, le secteur est stable. Selon tous les indicateurs de talents, il est sous tension.

La tension fondamentale ne réside pas simplement dans le manque de candidats. Elle tient au fait que la stratégie de modernisation du secteur s'est retournée contre lui. Quarante pour cent des PME laitières du canton prévoyaient de déployer un contrôle qualité piloté par l'IA ou l'emballage robotisé d'ici fin 2026. L'automatisation devait soulager la pression sur une main-d'œuvre en déclin. Or, les taux de vacance pour les postes techniques ont grimpé à 4,8 %, soit plus du double du taux de 2,1 % observé pour les postes administratifs. L'automatisation n'a pas réduit le besoin de personnel : elle a remplacé une catégorie de travailleurs par une autre qui n'existe pas encore en nombre suffisant.

Ce qui suit est une analyse de ce paradoxe et de ses conséquences pour les responsables du recrutement dans l'économie agroalimentaire fribourgeoise. L'article examine la structure du secteur, les pénuries les plus aiguës, les raisons pour lesquelles les méthodes de recrutement conventionnelles échouent sur ce marché, et ce que les organisations en concurrence pour des directeurs de sécurité alimentaire, des ingénieurs en automatisation et des responsables de la chaîne d'approvisionnement doivent faire différemment en 2026.

La configuration de l'économie agroalimentaire fribourgeoise en 2026

Comprendre où se situent les problèmes de talents exige de comprendre comment ce secteur est réellement organisé. L'idée reçue selon laquelle la ville de Fribourg jouerait le rôle de pôle commercial et logistique pour l'économie laitière et chocolatière du canton est largement erronée.

La chaîne d'approvisionnement du Gruyère AOP est ancrée dans le district de la Gruyère. Bulle, Épagny et les zones alpines environnantes abritent l'Interprofession du Gruyère, les principales caves d'affinage et l'essentiel de l'infrastructure d'agrégation laitière. La ville de Fribourg héberge des services annexes : banques, assurances, laboratoires de contrôle qualité et établissements de formation qui préparent la prochaine génération de technologues alimentaires. Mais les entrepôts réfrigérés, les coopératives et les volumes de transformation se trouvent en Gruyère.

La fabrication de chocolat se situe également hors de la ville

Le principal employeur chocolatier du canton, Villars Maître Chocolatier, opère depuis Villars-sur-Glâne, une commune distincte au sein de l'agglomération. Avec un chiffre d'affaires déclaré de 85 millions de CHF pour l'exercice 2023 et un taux d'utilisation des capacités de 92 %, Villars emploie environ 380 collaborateurs entre production et administration. La présence chocolatière dans la ville de Fribourg proprement dite se limite pour l'essentiel à des boutiques de détail et des ateliers orientés tourisme, sans véritable activité de production à grande échelle.

Cette répartition géographique a son importance pour le recrutement. Les talents dont un transformateur laitier de Bulle a besoin ne font pas la navette depuis la ville de Fribourg. Les missions de chasse de cadres qui aboutissent sur ce marché exigent une connaissance fine des lieux où les gens vivent et travaillent réellement, et non des hypothèses fondées sur les frontières cantonales.

L'écosystème institutionnel

Deux institutions clés façonnent le vivier de talents. La HEIA-FR, rattachée à la HES-SO Fribourg, forme annuellement 180 étudiants en technologie alimentaire à travers son Institut de l'Innovation en Alimentation et Boissons. AgriCo, l'incubateur agroalimentaire, hébergeait 12 entreprises actives en 2024. Le cluster d'innovation Smart Food a canalisé 12 millions de CHF de financements publics-privés vers les PME de la foodtech depuis 2022, bien que le déploiement de capital-risque ait ralenti courant 2024.

Ces institutions alimentent un vivier. Mais ce vivier a été conçu pour une version antérieure du secteur. Et c'est dans cette inadéquation que les problèmes les plus profonds commencent.

Le paradoxe de l'automatisation : plus de machines, moins de personnes qualifiées

Voici l'affirmation au cœur de cette analyse, et elle n'est pas intuitive : l'investissement dans l'automatisation du secteur agroalimentaire fribourgeois n'a pas réduit les effectifs. Il a remplacé un type de travailleur par un autre qui n'existe pas encore en nombre suffisant. Le capital a évolué plus vite que le capital humain n'a pu suivre.

Les données le confirment clairement. Malgré des gains de productivité projetés à 15 % grâce à l'automatisation d'ici 2026, les taux de vacance pour les postes techniques ont augmenté plutôt que diminué. Le secteur a besoin de spécialistes en mécatronique certifiés en hygiène alimentaire. Il a besoin d'analystes de données qui comprennent la microbiologie laitière. Il a besoin de techniciens de maintenance capables de diagnostiquer des systèmes de contrôle qualité pilotés par l'IA dans des environnements régis par des protocoles HACCP stricts.

Ces rôles hybrides n'existaient pas il y a cinq ans. Le système de formation n'a pas rattrapé son retard. Selon les statistiques cantonales de l'éducation, 45 % des apprentissages dans l'industrie alimentaire à Fribourg concernent la transformation laitière. Seulement 12 % portent sur la mécatronique et l'analyse de données, précisément les domaines où la demande de l'industrie s'est le plus fortement déplacée. Le système suisse de formation duale, habituellement l'une des plus grandes forces institutionnelles du pays, fait face à un désalignement systémique dans ce canton qu'il faudra des années pour corriger.

La conséquence pour les responsables du recrutement est concrète. On ne peut pas résoudre un déficit de formation par le recrutement. Les candidats dont vous avez besoin ne se trouvent pas dans les effectifs d'un concurrent, en attente d'être découverts. Nombre d'entre eux évoluent dans des secteurs adjacents — dans l'industrie pharmaceutique ou la boulangerie industrielle de la région de Zurich — où ils exercent un travail technique similaire dans des environnements réglementaires différents. Les atteindre nécessite une approche fondamentalement différente du sourcing.

Où les pénuries sont les plus aiguës

Trois catégories de postes concentrent les recherches les plus difficiles dans le secteur agroalimentaire fribourgeois. Chacune présente des dynamiques distinctes.

Responsables Sécurité Alimentaire et Assurance Qualité

C'est le poste où la pénurie frappe le plus durement. Les transformateurs laitiers de taille moyenne du district de Bulle — des entreprises de 50 à 150 personnes — connaissent généralement des périodes de vacance de six à neuf mois pour les postes de Responsable Assurance Qualité. L'exigence est une double compétence : expertise en protocoles HACCP et capacité de gestion d'audits bilingue français-allemand. Cette combinaison réduit le vivier de candidats à une fraction de ce que la plupart des responsables du recrutement anticipent.

On estime que 75 à 80 % des Directeurs Sécurité Alimentaire qualifiés having une expertise AOP sont en poste et ne recherchent pas activement. Le chômage dans cette spécialité est quasi nul. L'ancienneté moyenne dépasse 5,5 ans, ce qui signifie que même les candidats passifs sont solidement ancrés dans leurs fonctions actuelles. La proposition nécessaire pour déclencher un changement doit porter sur la progression de carrière, pas uniquement sur la rémunération.

Au niveau de spécialiste senior et manager, la rémunération totale en espèces se situe entre CHF 95 000 et CHF 120 000. Au niveau exécutif et VP, la fourchette est de CHF 145 000 à CHF 180 000. Ces chiffres sont inférieurs de 8 à 12 % à ceux de Zurich, mais l'avantage en pouvoir d'achat de Fribourg compense partiellement l'écart.

Techniciens de Maintenance en Automatisation

Le taux de chômage des ingénieurs en automatisation certifiés en hygiène agroalimentaire se situe à 1,2 %, contre une moyenne cantonale de 2,0 %. C'est un marché où les annonces d'emploi traditionnelles n'atteignent pratiquement aucun des candidats pertinents. Les PME fribourgeoises déclarent verser des primes de relocalisation de CHF 15 000 à CHF 25 000 et des primes salariales de 10 à 12 % pour attirer des talents du secteur pharmaceutique et de la boulangerie industrielle de la région zurichoise.

Le problème s'aggrave. À mesure que davantage de PME déploient l'emballage robotisé et le contrôle qualité piloté par l'IA, la demande pour ces spécialistes augmente. Mais l'offre ne progresse pas à un rythme qui s'en approche. Les nouvelles réglementations de traçabilité équivalentes à celles de la FDA entrant en vigueur en 2026 ajoutent une couche supplémentaire de complexité réglementaire que ces techniciens doivent maîtriser.

Directeurs Supply Chain avec Expertise Chaîne du Froid

La troisième pénurie aiguë se situe au niveau de la direction. Les directeurs supply chain combinant gestion logistique de la chaîne du froid et expertise en conformité à l'exportation sont exceptionnellement rares dans le vivier de candidats fribourgeois. Le poste exige une maîtrise des protocoles commerciaux Suisse-UE, des opérations d'entreposage à température contrôlée et de la coordination du transport multimodal le long du corridor autoroutier A12 et de l'infrastructure ferroviaire de SBB Cargo.

Au niveau exécutif, la rémunération totale pour la direction supply chain se situe entre CHF 160 000 et CHF 210 000. Le vivier de talents chevauche Vevey et Lausanne, où le siège de Nestlé et l'écosystème foodtech environnant offrent des environnements internationaux anglophones et des primes de rémunération de 12 à 15 % par rapport aux niveaux fribourgeois.

Pour les organisations cherchant à pourvoir ces postes, le chasse de tête directe cartographiant l'ensemble de l'écosystème de candidats à travers les secteurs et géographies adjacents n'est pas une option premium. C'est le minimum requis.

La concurrence géographique qui façonne chaque recherche

Les employeurs agroalimentaires fribourgeois ne se disputent pas les talents de manière isolée. Ils sont en concurrence avec trois bassins géographiques distincts, chacun attirant différentes catégories de candidats.

Vevey et Lausanne dans le canton de Vaud représentent la menace la plus directe pour les talents senior en R&D et marketing. L'effet siège de Nestlé exerce une force d'attraction gravitationnelle sur les scientifiques alimentaires et les leaders de l'innovation. Selon l'étude économique de la Greater Geneva Bern area, ces localisations offrent des primes de rémunération de 12 à 15 % et une exposition bien supérieure aux environnements de travail internationaux anglophones. Pour un Responsable Innovation en Technologie Alimentaire pesant ses options, la trajectoire de carrière chez un chocolatier à CHF 85 millions de chiffre d'affaires face à un géant mondial du FMCG ne se compare tout simplement pas.

Zurich attire les talents en supply chain et ingénierie d'automatisation avec des salaires supérieurs de 10 à 18 %. Le différentiel de coût du logement est réel : les appartements familiaux à Zurich coûtent de CHF 2 500 à CHF 3 500 par mois de plus que des biens équivalents à Fribourg. Mais les économies sur le logement ne suffisent pas, à elles seules, à faire aboutir les recherches. C'est l'un des enseignements les plus importants des données.

L'ancienneté des cadres dirigeants dans les PME alimentaires fribourgeoises est en moyenne de 3,2 ans, contre 4,8 ans dans les entreprises alimentaires zurichoises de plus grande taille. Fribourg offre un avantage en coût de la vie d'environ 20 % par rapport à Zurich et des indicateurs de qualité de vie supérieurs pour les familles. Pourtant, les cadres partent plus vite. La raison est structurelle : le secteur fribourgeois, dominé par les PME, offre une trajectoire de carrière limitée. Une fois qu'on atteint un poste senior dans une entreprise de 50 à 380 collaborateurs, l'étape suivante impose généralement de quitter le canton.

Cela crée un paradoxe pour les stratégies de rétention des talentscom/fr/article-hidden-cost-executive-hire). Fribourg peut attirer des cadres dirigeants grâce au coût de la vie. Il ne peut pas les retenir sans répondre au plafond de progression.

Même à l'intérieur du canton, la concurrence existe. Bulle et la ville de Fribourg se partagent le marché des talents administratifs bilingues. Bulle offre la proximité des sites de production et des trajets plus courts pour les candidats ruraux. La ville de Fribourg offre les équipements urbains et l'infrastructure institutionnelle. Aucune n'a d'avantage décisif. Le résultat est un marché de l'emploi fragmenté où une stratégie de recherche unique à l'échelle cantonale passe à côté de la moitié des candidats viables.

La pression réglementaire qui accélère la demande

Deux forces réglementaires compriment le calendrier de recherches déjà difficiles.

La Stratégie Alimentaire 2050 du Conseil fédéral suisse impose une réduction de 30 % de l'empreinte carbone par unité de production alimentaire d'ici 2030. Pour les PME fribourgeoises, cela se traduit par des investissements de CHF 50 000 à CHF 200 000 par entreprise dans des caves d'affinage écoénergétiques et des systèmes solaires thermiques. Selon les directives de mise en œuvre de l'Office fédéral de l'agriculture, le calendrier de conformité n'est pas négociable.

Ces investissements ne requièrent pas uniquement du capital. Ils nécessitent des personnes capables de spécifier, mettre en œuvre et gérer de nouveaux systèmes énergétiques dans des environnements de production alimentaire. Autrement dit, des ingénieurs en développement durable ayant une expérience dans l'industrie alimentaire — un autre profil hybride que le système de formation n'a pas été conçu pour produire.

La seconde force réglementaire est le nouveau cadre de traçabilité entrant en vigueur en 2026. Les systèmes de contrôle qualité pilotés par l'IA doivent désormais répondre à des normes de documentation équivalentes aux protocoles de grade pharmaceutique. Pour les 40 % de PME laitières déployant ces systèmes, la charge de conformité repose précisément sur les spécialistes en automatisation et assurance qualité qui sont déjà les profils les plus difficiles à pourvoir.

C'est l'interaction entre ces deux calendriers réglementaires qui rend 2026 matériellement plus difficile que 2025. Aucune des deux réglementations, prise isolément, ne submergerait la capacité de recrutement du secteur. Ensemble, elles créent une demande simultanée pour des compétences qui se chevauchent, sur un marché où ces compétences existent à peine.

Les PME du Agroalimentaire, Boissons & FMCG font face à une contrainte structurelle supplémentaire : la volatilité EUR/CHF qui a fait grimper les coûts des matériaux d'emballage de 8 % en 2024. Les fournisseurs italiens d'emballages et les pièces d'automatisation allemandes dominent la chaîne d'approvisionnement. La compression des marges laisse moins de marge pour les primes salariales et les bonus de relocalisation qu'un recrutement compétitif exige.

Pourquoi les méthodes de recherche conventionnelles échouent ici

Les données de cette analyse convergent vers une seule conclusion opérationnelle : le manuel de recrutement standard ne fonctionne pas sur ce marché.

Prenons la situation à laquelle un responsable du recrutement d'un transformateur laitier de taille moyenne à Bulle est confronté lorsqu'il cherche à pourvoir un poste de Responsable Assurance Qualité. Le candidat doit détenir la certification HACCP. Il doit avoir une expérience spécifique AOP, propre aux produits suisses sous appellation d'origine protégée. Il doit être bilingue français-allemand pour piloter les processus d'audit bilingues. Il doit accepter de travailler dans un environnement rural ou périurbain du district de la Gruyère.

Ce profil élimine environ 90 % des professionnels de la sécurité alimentaire en Suisse avant même l'application de tout autre filtre.

Parmi les 10 % restants, 75 à 80 % sont en poste et ne cherchent pas. Ils ne verront aucune offre d'emploi sur quelque plateforme que ce soit. Ils ne répondront pas à un InMail LinkedIn envoyé par un recruteur interne qu'ils n'ont jamais rencontré. Ce sont des candidats passifs au sens le plus strict — bien installés dans des postes qui les satisfont — et ils n'envisageront un changement que s'ils sont approchés avec une proposition spécifique et crédible par quelqu'un qui comprend leur métier.

Le taux d'échec de 40 % rapporté par les PME tentant de recruter des Responsables Innovation en Technologie Alimentaire confirme la tendance. Ces recherches échouent non pas parce que la rémunération est inadéquate ou l'entreprise peu attractive. Elles échouent parce que la méthode de recherche n'atteint jamais les candidats qui pourraient réussir dans le poste. Les entreprises finissent par restructurer en lignes de reporting à double rôle — un palliatif qui résout l'organigramme mais pas le déficit de compétences sous-jacent.

La situation est encore compliquée par la structure PME du secteur. Une entreprise de 45 collaborateurs, comme la Fromagerie Le Crêt, ne dispose pas d'une équipe interne d'acquisition de talents. Elle n'a pas de notoriété de marque employeur au-delà de son marché local. Sa capacité à identifier, approcher et convaincre des spécialistes passifs est sans commune mesure avec les ressources qu'un Nestlé ou un Emmi peuvent mobiliser sans difficulté.

Pour ces employeurs, la question n'est pas de savoir s'il faut investir dans une capacité de recherche spécialisée. C'est de savoir s'ils peuvent se permettre de ne pas le faire, sachant qu'une vacance de six à neuf mois sur un poste d'assurance qualité comporte un risque réglementaire direct.

Ce que les responsables du recrutement du secteur agroalimentaire fribourgeois doivent faire différemment

La réponse classique à une pénurie de talents est de proposer davantage d'argent. Sur le marché agroalimentaire fribourgeois, cette réponse est nécessaire mais insuffisante.

La rémunération fait partie de l'équation. Les postes de direction dans le secteur du chocolat commandent une prime de 5 à 7 % par rapport aux postes équivalents dans le laitier, en raison de la concurrence des marques mondiales et de l'intensité des exportations. Les directeurs supply chain au niveau VP peuvent atteindre jusqu'à CHF 210 000. Ces chiffres doivent être compétitifs. Mais les données sur l'ancienneté des cadres — la moyenne de 3,2 ans dans les PME fribourgeoises contre 4,8 ans à Zurich — montrent que la rémunération seule ne résout pas le problème de rétention.

C'est le plafond de progression qui provoque les départs prématurés. Un leader senior rejoignant un transformateur laitier de 150 personnes doit entrevoir un parcours de carrière qui ne nécessite pas de quitter le canton dans trois ans. Les employeurs doivent donc repenser la conception des postes : périmètre élargi sur plusieurs lignes de produits, exposition au conseil d'administration, pilotage de projets internationaux et implication dans la transformation de l'automatisation qui remodèle le secteur.

L'approche de sourcing doit également évoluer. Avec 75 à 80 % des directeurs sécurité alimentaire qualifiés passifs et un taux de chômage des ingénieurs en automatisation à 1,2 %, le vivier de candidats viable est presque entièrement invisible pour les canaux de recrutement conventionnels. Les entreprises ont besoin d'une intelligence systématique des talents cartographiant les candidats à travers les secteurs adjacents — de l'industrie pharmaceutique à Bâle à la boulangerie industrielle à Zurich — et identifiant des professionnels dont les fondamentaux techniques sont transférables à la production alimentaire moyennant un onboarding ciblé.

L'approche de KiTalent pour des marchés comme le secteur agroalimentaire fribourgeois répond précisément à cette exigence. L'identification de candidats par IA atteint les spécialistes qui ne figurent sur aucun site d'emploi, tandis que l'intelligence sectorielle garantit que la shortlist reflète une capacité réelle plutôt que de simples correspondances de mots-clés. Sur un marché où une recherche de Responsable Assurance Qualité dure généralement six à neuf mois via les canaux conventionnels, KiTalent présente des candidats prêts pour l'entretien sous 7 à 10 jours. Le taux de rétention à un an de 96 % pour les cadres placés par le cabinet est particulièrement pertinent sur un marché où la faible ancienneté moyenne constitue un défi déterminant.

Pour les organisations du Industrie manufacturière de Fribourg qui sont en concurrence pour des ingénieurs en automatisation, des directeurs sécurité alimentaire ou des responsables supply chain — sur un marché où les candidats dont vous avez besoin ne sont pas visibles et le calendrier réglementaire se resserre — engagez la conversation avec notre équipe d'Executive Search pour découvrir comment nous construisons des viviers sur des marchés exactement comme celui-ci.

Questions fréquemment posées

Quels sont les postes agroalimentaires les plus difficiles à pourvoir dans le canton de Fribourg en 2026 ?

Les trois recherches les plus difficiles concernent les Responsables Sécurité Alimentaire et Assurance Qualité avec certification AOP et compétence bilingue français-allemand, les techniciens de maintenance en automatisation avec accréditations en hygiène alimentaire, et les directeurs supply chain avec expertise en chaîne du froid et conformité à l'exportation. Les recherches en assurance qualité dans le district de Bulle durent généralement six à neuf mois, soit 2,5 fois la moyenne cantonale pour les postes de professionnels. Le taux de chômage des ingénieurs en automatisation se situe à seulement 1,2 %, ce qui en fait un marché de candidats presque entièrement passifs où l'approche directe est la seule méthode de recrutement viable.

Que gagnent les cadres dirigeants agroalimentaires seniors à Fribourg ?

La rémunération totale en espèces pour les spécialistes seniors et managers se situe entre CHF 95 000 et CHF 130 000 selon la fonction. Au niveau exécutif et VP, la direction sécurité alimentaire commande de CHF 145 000 à CHF 180 000, les directeurs supply chain gagnent de CHF 160 000 à CHF 210 000, et les cadres en technologie alimentaire ou R&D de CHF 150 000 à CHF 195 000. Les postes dans le secteur du chocolat comportent une prime de 5 à 7 % par rapport aux équivalents laitiers. Tous les chiffres sont inférieurs de 8 à 12 % à ceux de Zurich mais reflètent l'avantage d'environ 20 % en coût de la vie de Fribourg.

Pourquoi l'automatisation augmente-t-elle les pénuries de talents au lieu de les réduire dans le secteur alimentaire fribourgeois ?

Quarante pour cent des PME laitières du canton déploient un contrôle qualité piloté par l'IA ou l'emballage robotisé. Ces systèmes nécessitent des spécialistes hybrides — ingénieurs en mécatronique certifiés en hygiène alimentaire et analystes de données maîtrisant la microbiologie laitière — qui n'existaient pas comme catégorie de poste définie il y a cinq ans. Le système d'apprentissage alloue 45 % des places de formation dans l'industrie alimentaire à la transformation laitière traditionnelle et seulement 12 % aux postes en mécatronique et analyse de données, précisément là où la demande croît le plus rapidement.

Comment Fribourg rivalise-t-il avec Zurich et Vevey pour les talents de l'industrie alimentaire ?

Fribourg offre un coût de la vie environ 20 % inférieur à celui de Zurich et des indicateurs de qualité de vie familiaux supérieurs. Toutefois, Vevey et Lausanne attirent les talents senior en R&D et marketing avec des primes de rémunération de 12 à 15 % et des environnements internationaux anglophones ancrés par la présence de Nestlé. Zurich offre des salaires supérieurs de 10 à 18 % pour les postes en chaîne d'approvisionnement et ingénierie. La AI & Technology de KiTalent aide les employeurs fribourgeois à identifier des candidats sur ces marchés concurrents qui valorisent la proposition de qualité de vie du canton.

Quels changements réglementaires affectent le recrutement agroalimentaire en Suisse en 2026 ?

Deux cadres réglementaires génèrent simultanément de la demande. La Stratégie Alimentaire 2050 impose une réduction de 30 % de l'empreinte carbone par unité d'ici 2030, nécessitant de CHF 50 000 à CHF 200 000 par PME en modernisation des systèmes énergétiques. Les nouvelles réglementations de traçabilité entrant en vigueur en 2026 imposent des normes de documentation de grade pharmaceutique aux systèmes de contrôle qualité pilotés par l'IA. Ensemble, elles créent une demande simultanée d'ingénieurs en développement durable et de spécialistes en conformité de l'automatisation sur un marché déjà en pénurie des deux profils.

Comment les PME alimentaires fribourgeoises peuvent-elles attirer des candidats cadres passifs ?

Avec 75 à 80 % des directeurs sécurité alimentaire qualifiés ne recherchant pas activement et un taux de chômage des ingénieurs en automatisation à 1,2 %, les annonces d'emploi standard n'atteignent pratiquement aucun des candidats pertinents. Les PME doivent investir dans le recrutement direct qui cartographie les candidats à travers les secteurs adjacents, y compris l'industrie pharmaceutique et la boulangerie industrielle. Il est tout aussi important de répondre au plafond de progression. Avec une ancienneté moyenne des cadres de seulement 3,2 ans dans les PME alimentaires fribourgeoises contre 4,8 ans à Zurich, l'offre doit inclure un parcours de carrière crédible, pas seulement une rémunération compétitive.

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