Le secteur de la fabrication de précision de Longueuil a investi dans une automatisation qu'il ne peut pas installer et des talents qui n'existent pas

Le secteur de la fabrication de précision de Longueuil a investi dans une automatisation qu'il ne peut pas installer et des talents qui n'existent pas

Le secteur de la fabrication avancée de Longueuil occupe une place centrale dans la chaîne d'approvisionnement aérospatiale nord-américaine. L'arrondissement de Saint-Hubert et les parcs industriels environnants abritent le seul fabricant indépendant de trains d'atterrissage du continent, une importante installation de composants de turbines, ainsi que plus de 600 établissements manufacturiers fournissant des composants aux programmes de Bombardier, Pratt & Whitney et d'autres entreprises mondiales de défense. En 2024, Héroux-Devtek a généré à elle seule un chiffre d'affaires mondial de 847,2 millions CAD, l'ensemble de la conception et du prototypage des trains d'atterrissage transitant par ses installations de Longueuil. Selon tous les critères, il s'agit d'un pôle de fabrication de précision d'une importance stratégique avérée.

Le problème ne réside pas dans la demande. Les volumes de production aérospatiale sont en hausse. Héroux-Devtek a engagé 45 millions CAD pour moderniser ses installations d'ici 2026, notamment en développant la fabrication additive pour les supports de trains d'atterrissage en titane. Aéro Montréal prévoit une croissance annuelle de 3,5 % pour le pôle aérospatial de fabrication de précision du Grand Montréal. Le véritable obstacle tient au fait que le secteur a misé sur l'automatisation pour pallier sa pénurie de main-d'œuvre — avant de constater que les bâtiments de production ne peuvent physiquement accueillir les nouveaux équipements. Par ailleurs, les travailleurs capables de combler ce déficit sont soit en train de prendre leur retraite, soit en route vers Toronto, soit dans l'impossibilité de travailler en français.

Ce qui suit est une analyse de terrain des forces qui convergent sur le secteur manufacturier de Longueuil : les contraintes physiques qui freinent la modernisation, la vague démographique qui emporte les spécialistes expérimentés, la politique linguistique qui aggrave une pénurie déjà aiguë, et ce que les responsables du recrutement doivent comprendre avant de lancer leur prochaine recherche sur ce marché.

Un pôle aérospatial bâti sur des fondations vieillissantes

Le secteur de la fabrication avancée de Longueuil emploie environ 24 800 travailleurs, soit 18 % de l'emploi total de la ville. Parmi eux, quelque 3 200 œuvrent dans la métallurgie de précision. La concentration est extrême : 45 % des emplois manufacturiers de Longueuil desservent directement les équipementiers aérospatiaux (OEM), principalement par l'usinage de précision de l'aluminium et du titane de haute qualité, selon l'étude économique 2023 d'Aéro Montréal.

Il ne s'agit pas d'une base manufacturière diversifiée, mais d'une chaîne d'approvisionnement aérospatiale avec une exposition secondaire au secteur ferroviaire et une part marginale (8 %) dans la fabrication énergétique. Le secteur se caractérise par une production à haute variété et faible volume : composants de trains d'atterrissage, carters de turbines, assemblages structurels. Les opérations de Héroux-Devtek à Longueuil assurent 100 % de la conception et du prototypage mondial des trains d'atterrissage de l'entreprise, à l'aide de centres d'usinage CNC 5 axes et de procédés spécialisés de traitement thermique. Les exigences de précision sont extrêmes — et les exigences envers les candidats le sont tout autant.

Ce qui distingue ce pôle, ce n'est pas seulement sa spécialisation technique, mais aussi l'infrastructure physique qui limite son avenir. L'âge moyen des bâtiments industriels du parc industriel de Saint-Hubert dépasse 35 ans. Selon l'analyse 2024 du marché industriel montréalais de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), 40 % des structures ont été construites avant 1990. L'entretien différé dans ces installations patrimoniales crée des écarts de productivité de 15 à 20 % par rapport aux sites modernes implantés sur des terrains vierges. La disponibilité de terrains industriels viabilisés dans les arrondissements centraux de Longueuil est quasi inexistante. Le taux d'inoccupation industrielle de classe A dans le sous-marché de la Rive-Sud atteignait seulement 1,2 % au T3 2024, avec des loyers en hausse de 42 % depuis 2020, à 14,50 CAD le pied carré net.

Ces contraintes ne sont pas abstraites. Ce sont des murs physiques qui se referment sur un secteur qui doit croître mais n'a nulle part où s'étendre. Et les conséquences sur l'acquisition de talents sont directes : chaque limitation structurelle empêchant l'automatisation accroît la pression sur une main-d'œuvre humaine déjà en pénurie critique.

Le paradoxe de l'automatisation : le capital a devancé les bâtiments qui l'abritent

Au cœur du défi manufacturier de Longueuil se trouve une tension analytique fondamentale — et l'observation centrale de cet article : l'investissement du secteur dans l'automatisation n'a pas réduit sa dépendance à la main-d'œuvre. Il a mis au jour une contrainte plus profonde que l'argent seul ne peut résoudre.

Près de 35 % des fabricants de précision de Longueuil ont déployé des robots collaboratifs pour le chargement de machines au cours des 18 mois précédant le début 2025, contre 12 % en 2020. Les entreprises prévoient d'augmenter leurs dépenses en automatisation de 40 % en 2025 et 2026. L'intention est claire. L'exécution, en revanche, est physiquement impossible dans la majorité des installations existantes.

Pourquoi les bâtiments ne peuvent pas supporter les équipements

Selon le Conseil de l'industrie aérospatiale du Québec, 60 % des installations du parc industriel de Saint-Hubert ne peuvent faire l'objet de rénovations complètes pour accueillir l'automatisation. Les raisons sont précises : hauteurs sous plafond inférieures à 24 pieds, charge au sol insuffisante pour des centres CNC lourds nécessitant plus de 10 000 livres par pied carré, et configurations de bâtiments conçues pour une génération antérieure de procédés de fabrication. Ce ne sont pas des obstacles qu'un simple budget d'investissement peut lever. Ils sont ancrés dans le béton et l'acier.

La conséquence sur la main-d'œuvre

Résultat : l'investissement en capital, censé réduire la dépendance à une main-d'œuvre rare, a en réalité remplacé une catégorie de travailleurs rares par une autre. L'introduction de la maintenance prédictive pilotée par l'IA et de l'inspection qualité automatiséecom/fr/ai-technology) éliminera environ 15 % des postes d'inspecteurs qualité de premier échelon. Mais elle crée simultanément une demande de plus de 200 techniciens en maintenance IA et analystes de données — un profil qui n'existe tout simplement pas sur le marché du travail local, selon le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

Le secteur a déplacé son capital plus vite que l'infrastructure physique et le capital humain n'ont pu suivre. Les entreprises incapables d'automatiser restent tributaires d'un bassin décroissant de spécialistes manuels. Celles qui automatisent ont besoin d'une nouvelle catégorie de travailleurs que les établissements de formation locaux n'ont pas encore produits en nombre significatif. Aucune de ces deux voies ne résout la pression immédiate sur le recrutement. Les deux l'intensifient.

Cette situation place les fabricants de Longueuil devant un choix radical : relocaliser leurs opérations sur des terrains vierges à Saint-Bruno ou Brossard, où des installations modernes peuvent supporter l'automatisation — au prix de briser les effets de concentration qui font la valeur de Longueuil — ou accepter des contraintes permanentes de productivité et rivaliser encore plus durement pour les talents humains. Le secteur n'a pas encore tranché. Les responsables du recrutement qui y opèrent doivent comprendre que cette tension ne se résorbera pas d'elle-même au cours des 12 prochains mois.

La vague de départs à la retraite et les postes qu'aucun site d'emploi ne peut pourvoir

D'ici la fin 2026, 22 % de la main-d'œuvre de la fabrication de précision de Longueuil atteindra l'âge de la retraite. Cela représente environ 700 travailleurs. En tenant compte de la croissance du secteur, le besoin total de remplacement dépassera 900 postes par an. Ces chiffres sont déjà préoccupants. Mais la composition de ces départs rend la situation bien plus grave.

Les travailleurs qui partent à la retraite ne sont pas du personnel de production interchangeable. Ce sont des programmeurs CNC seniors ayant des décennies d'expérience en usinage du titane et de l'Inconel. Ce sont des directeurs qualité ayant conçu et maintenu des Industrie manufacturière. Ils incarnent la mémoire institutionnelle de procédés qui ne peuvent être entièrement documentés, car ils reposent sur un jugement acquis au fil d'années de travail avec des matériaux et des machines spécifiques.

Où la pénurie est la plus aiguë

Au T4 2024, les fabricants de précision de Longueuil affichaient 340 postes vacants dans les métiers spécialisés et les fonctions d'ingénierie. Le taux de vacance de 4,8 % est le double de la moyenne manufacturière québécoise. Mais ce chiffre agrégé masque un problème bien plus sévère pour certains rôles clés.

Pour les machinistes CNC qualifiés en usinage aérospatial 5 axes, la région de la Montérégie connaît un déséquilibre offre-demande de 3:1. Le chômage parmi les programmeurs CNC seniors dans le Grand Montréal est inférieur à 1,5 %. Leur ancienneté moyenne se situe entre 7 et 10 ans. Ces candidats ne postulent pas aux offres d'emploi. Ils ne consultent pas les sites d'emploi. Ils sont approchés via des réseaux directs ou des mandats de chasse de cadres exclusifs.

Les directeurs qualité titulaires d'accréditations AS9100D et maîtrisant les normes NADCAP sont, selon le rapport de la pratique aérospatiale de Caldwell Partners, retenus par des rémunérations différées et des échéanciers d'acquisition de droits à la retraite. Leur recrutement exige des augmentations de rémunération totale de 25 à 30 %. Le coût d'une recherche infructueuse à ce niveau ne se limite pas aux honoraires de recrutement : c'est l'exposition réglementaire liée à l'absence d'un leadership qualité adéquat dans un secteur où une seule non-conformité peut immobiliser un programme aéronautique entier.

Les responsables d'ingénierie de fabrication ayant une expérience concrète de l'Industrie 4.0 sont à 85 % des candidats passifs. En poste, ils reçoivent régulièrement plusieurs offres concurrentes. Le délai moyen pour pourvoir un poste d'ingénieur de fabrication dans les métaux de précision à Longueuil est de 95 jours. Pour les responsables qualité, il dépasse 120 jours. Pour les machinistes CNC aérospatiaux, la fourchette se situe entre 85 et 110 jours.

Ces délais ne se réduisent pas avec de meilleures annonces. Ils exigent une approche radicalement différente de l'identification des candidats.

La rémunération : l'étau qui comprime les PME de Longueuil

Les fabricants de précision de Longueuil subissent une pression salariale venant simultanément de deux directions. Comprendre ces deux axes est essentiel pour tout dirigeant fixant un budget de recrutement sur ce marché.

Pression par le haut : employeurs de rang 1 et concurrence transfrontalière

Héroux-Devtek et Pratt & Whitney Canada recrutent régulièrement des machinistes CNC expérimentés auprès de sous-traitants du parc industriel de Saint-Hubert. Selon les données de l'enquête PME 2024 des Manufacturiers et Exportateurs du Québec et du groupe de travail sur le marché du travail d'Aéro Montréal, ces transferts impliquent généralement des primes salariales de 18 à 25 % au-dessus des taux du marché. Un opérateur sénior sur Mazak ou Makino avec plus de cinq ans d'expérience aérospatiale passant d'un atelier de 30 employés à l'installation Saint-Hubert de Héroux-Devtek perçoit de 8 à 12 CAD de l'heure supplémentaires, auxquels s'ajoutent des primes à l'embauche de 5 000 à 10 000 CAD.

Au niveau de la direction, un VP Opérations ou directeur général d'un sous-traitant aérospatial de précision gagne entre 175 000 et 240 000 CAD en salaire de base. Sa rémunération totale, primes et participation au capital incluses, atteint 220 000 à 350 000 CAD. Un directeur de fabrication ou directeur d'usine se situe entre 135 000 et 175 000 CAD en base, avec des packages totaux pouvant atteindre 210 000 CAD. Les responsables séniors d'ingénierie de fabrication perçoivent entre 110 000 et 145 000 CAD en base. Ces chiffres sont tirés des guides salariaux 2024 de Michael Page et Randstad pour l'ingénierie au Québec.

Mais la véritable menace pour la rétention des talents de Longueuil n'est pas interne. Elle est géographique. Toronto offre des salaires de base supérieurs de 12 à 18 % pour des postes équivalents en programmation CNC et ingénierie de fabrication. Le corridor Boston-Worcester propose des rémunérations supérieures de 40 à 60 % en USD. Un machiniste sénior gagnant de 35 à 45 CAD de l'heure à Longueuil peut obtenir de 45 à 60 USD de l'heure au Massachusetts. L'accès au visa TN dans le cadre de l'ACEUM rend ce transfert simple pour les ingénieurs canadiens. Aucune exigence de maîtrise du français ne s'applique.

Pression par le bas : marchés secondaires québécois

Parallèlement, les machinistes et ingénieurs plus jeunes quittent Longueuil pour Sherbrooke et Québec. Les salaires y sont inférieurs de 8 à 12 %, mais les prix médians des propriétés sont de 150 000 à 200 000 CAD en dessous de ceux de Longueuil. De nouveaux parcs industriels sur terrains vierges offrent des installations modernes, des trajets plus courts et des perspectives d'évolution dans des entreprises plus petites. Les données de migration interrégionale 2023 de l'Institut de la statistique du Québec confirment cette tendance.

L'effet est un véritable étau. Les PME de Longueuil ne peuvent égaler la rémunération des grands employeurs ou des concurrents transfrontaliers pour leurs travailleurs les plus expérimentés. Elles ne peuvent pas non plus proposer la qualité de vie offerte par les marchés secondaires à leurs plus jeunes talents. Les entreprises prises entre ces deux forces — principalement des ateliers de 30 à 60 employés — constituent le tissu conjonctif de la chaîne d'approvisionnement aérospatiale. Quand l'une d'elles perd son programmeur sénior et ne parvient pas à le remplacer, le seul délai de recherche peut dépasser la date limite de livraison du projet.

Un exemple anonymisé mais représentatif, tiré des enquêtes 2024 du CSMO-TI sur les difficultés de recrutement, illustre ce phénomène. Un fabricant de précision de 40 employés du parc industriel de Longueuil a mené une recherche de 7 mois pour un programmeur Mastercam X+ expérimenté en usinage de titane. Trois candidats ont décliné les offres pour accepter des postes à Toronto et à Boston. L'entreprise a finalement recruté un programmeur semi-retraité sous contrat, rémunéré 65 CAD de l'heure — soit une prime de 40 % par rapport au taux du marché de 45 CAD de l'heure.

Cette prime n'est pas une anomalie. C'est le prix d'équilibre du marché lorsque l'alternative est de ne plus pouvoir honorer pleinement ses contrats aérospatiaux.

La loi 96 et la barrière linguistique face au seul bassin de talents disponible

Si la crise démographique de Longueuil a un amplificateur politique, c'est bien la loi 96 du Québec et ses amendements à la Charte de la langue française. Cette législation exige des nouveaux immigrants qu'ils atteignent un niveau intermédiaire de maîtrise du français (niveau B2) dans les six mois suivant leur arrivée pour occuper des postes professionnels.

Or, le bassin mondial de talents en fabrication de précision ne répond pas à cette exigence. Les programmeurs CNC, les ingénieurs en fabrication avancée et les machinistes aérospatiaux sont concentrés dans des régions non francophones : le Mexique, l'Europe de l'Est, l'Inde, le sud des États-Unis. Les statistiques d'intégration 2024 du ministère de l'Immigration du Québec montrent que 65 % des machinistes CNC internationaux recrutés en 2023 et 2024 ont nécessité six mois de formation intensive en français avant de devenir pleinement productifs.

Six mois, c'est un délai critique quand votre taux de vacance est déjà le double de la moyenne provinciale et que votre délai d'embauche pour les machinistes aérospatiaux dépasse 100 jours. Cela crée ce que les chercheurs en immigration appellent un « creux de talent » : la période entre l'arrivée d'un travailleur et son déploiement productif, durant laquelle il est physiquement présent mais indisponible pour l'employeur.

Les coûts de conformité aggravent le problème. Les PME employant des machinistes immigrants non francophones font face à des obligations de francisation estimées entre 15 000 et 50 000 $CA par entreprise, selon les Manufacturiers et Exportateurs du Québec. Pour un atelier de 40 employés déjà sous pression en raison du recrutement agressif des grands employeurs et des écarts de rémunération transfrontaliers, ce fardeau est significatif.

Toronto, en revanche, fonctionne en anglais. Boston aussi. Ni l'un ni l'autre n'impose de barrière linguistique au même bassin de talents dont Longueuil a un besoin urgent. La politique visant à protéger les environnements de travail francophones a pour effet secondaire de rendre les deux principaux concurrents géographiques de Longueuil encore plus attractifs pour les candidats capables de pourvoir les postes vacants. Le bassin de candidats passifs auquel les fabricants québécois doivent accéder est déjà restreint. La loi 96 le rétrécit davantage, au moment précis où le secteur en a le plus besoin.

Ce que la réponse de Héroux-Devtek révèle sur le marché

Quand l'employeur dominant d'un secteur cesse de chercher à recruter des travailleurs expérimentés et commence à former les siens à partir de zéro, le signal de marché est sans équivoque.

Après avoir échoué à pourvoir 45 postes spécialisés de programmeurs CNC et de techniciens qualité CMM via les canaux de recrutement traditionnels en 2023 et 2024, Héroux-Devtek a mis en place un pipeline d'apprentissage direct avec le Cégep Édouard-Montpetit. Le programme « École de l'aérospatiale » propose un parcours de spécialisation en trains d'atterrissage, formant des recrues pendant 18 mois avant de les intégrer en production. Le programme garantit l'emploi à l'obtention de la certification. Ce faisant, il retire les candidats du marché ouvert avant même qu'ils n'y entrent.

Il ne s'agit pas d'une initiative de responsabilité sociétale ni d'un exercice de relations publiques. C'est une réponse structurelle à l'absence d'un bassin de candidats expérimentés. Une entreprise de 1 400 employés au Québec et de 847 millions CAD de chiffre d'affaires mondial a conclu que la concurrence pour les talents existants n'était plus viable — et a choisi de construire sa propre chaîne d'approvisionnement en main-d'œuvre.

Les implications pour les autres employeurs de Longueuil sont sévères. Le pipeline d'apprentissage de Héroux-Devtek capte des candidats qui auraient autrement pu alimenter le marché élargi. Le Cégep Édouard-Montpetit diplôme 180 techniciens par an, dont 60 % trouvent un emploi dans la région de Longueuil. Si le principal employeur sécurise une part croissante de cette production grâce à des programmes d'embauche garantie, les quelque 40 PME restantes se disputent une fraction décroissante d'un bassin déjà insuffisant.

Pour les dirigeants de PME sur ce marché, le défi du flux de talents ne concerne pas seulement le recrutement de travailleurs expérimentés. Il s'agit de reconnaître que le plus grand employeur local a restructuré l'offre de main-d'œuvre en sa propre faveur. Les PME qui survivront seront celles qui développeront leurs propres partenariats de formation ou adopteront une méthodologie de chasse de tête capable d'atteindre les spécialistes passifs déjà en poste chez des concurrents, dans d'autres provinces ou aux États-Unis.

Ce que cela signifie pour les responsables du recrutement dans la chaîne d'approvisionnement aérospatiale de Longueuil

La convergence de limites d'infrastructure physique, d'une vague de départs à la retraite qui retirera 22 % des effectifs d'ici fin 2026, d'une politique linguistique rétrécissant le pipeline d'immigration, et de grands employeurs monopolisant à la fois les talents expérimentés et les nouveaux diplômés crée un environnement de recrutement où les méthodes conventionnelles sont structurellement inadéquates.

Publier une offre d'emploi sur ce marché permet, au mieux, d'atteindre les candidats actifs. Pour la main-d'œuvre de production de premier échelon et les inspecteurs qualité juniors, cela peut suffire. Mais pour les programmeurs CNC 5 axes, les directeurs qualité, les responsables d'ingénierie de fabrication et les dirigeants d'usine, le bassin de candidats actifs est pratiquement vide. Le taux de chômage parmi les programmeurs CNC séniors dans le Grand Montréal est inférieur à 1,5 %. Le ratio passif/actif pour les responsables d'ingénierie de fabrication ayant une expérience en automatisation est d'environ 85:15.

Une recherche de VP Opérations dans un sous-traitant aérospatial de 150 à 500 employés exige une cartographie des talents auprès des employeurs concurrents, une identification de candidats transfrontalière tenant compte des flux de visas TN vers les États-Unis, et une compréhension fine des structures de rémunération différée qui retiennent les directeurs qualité dans leurs postes actuels. Le risque de contre-offre sur ce marché est exceptionnellement élevé : lorsque votre employeur actuel sait que vous êtes irremplaçable et que le marché le confirme, le package de rétention proposé dans les 48 heures suivant votre démission sera substantiel.

KiTalent opère précisément dans cet environnement. Notre méthodologie Executive Search augmentée par l'IA identifie et engage les spécialistes passifs et les cadres dirigeants qui n'apparaissent sur aucun site d'emploi. Nous présentons des candidats prêts pour l'entretien sous 7 à 10 jours, avec un modèle de facturation à l'entretien qui élimine le risque de retainer inhérent à la recherche traditionnelle. Notre taux de rétention à un an de 96 % reflète la profondeur d'évaluation des candidats requise sur des marchés où une mauvaise embauche coûte non seulement de l'argent, mais aussi de la capacité de production et la conformité aux certifications aérospatiales.

Pour les organisations en concurrence pour le leadership en fabrication de précision dans le pôle aérospatial de Longueuil — où les candidats qui comptent sont déjà en poste, soumis à des contraintes linguistiques et courtisés par des employeurs de rang 1 aux ressources bien supérieures — échangez avec notre équipe Executive Search sur notre approche de ce marché.

Questions fréquemment posées

Pourquoi est-il si difficile de recruter des machinistes CNC à Longueuil ?

Le secteur de la fabrication de précision de Longueuil fait face à un déséquilibre offre-demande de 3:1 pour les machinistes CNC aérospatiaux 5 axes. Le chômage parmi les programmeurs séniors dans le Grand Montréal est inférieur à 1,5 %. Les employeurs de rang 1 comme Héroux-Devtek et Pratt & Whitney Canada recrutent activement auprès des sous-traitants plus petits, en offrant des primes salariales de 18 à 25 %, ce qui épuise le bassin de talents des PME. Les marchés concurrents de Toronto et Boston proposent des rémunérations nettement plus élevées sans exigence de maîtrise du français. Le délai moyen pour pourvoir un poste de machiniste CNC aérospatial à Longueuil est de 85 à 110 jours.

**Combien gagnent les cadres dirigeants manufacturiers séniors dans le secteur aérospatial de Longueuil ?Un VP Opérations ou directeur général d'un fabricant aérospatial de précision à Longueuil perçoit entre 175 000 et 240 000 CAD en salaire de base, avec une rémunération totale atteignant 220 000 à 350 000 CAD incluant primes et participation au capital. Un directeur de fabrication ou directeur d'usine gagne entre 135 000 et 175 000 CAD en base, avec un ensemble de rémunération total pouvant atteindre 210 000 CAD. Les responsables seniors d'ingénierie de fabrication sont rémunérés entre 110 000 et 145 000 CAD en base. Ces chiffres reflètent les référentiels 2024 des guides salariaux de Michael Page et Randstad pour le Québec.

Comment la loi 96 affecte-t-elle le recrutement manufacturier au Québec ?

La loi 96 du Québec exige des nouveaux immigrants qu'ils atteignent un niveau intermédiaire de maîtrise du français dans les six mois suivant leur arrivée. Comme les bassins mondiaux de talents en fabrication de précision sont concentrés dans des régions non francophones, 65 % des machinistes CNC internationaux recrutés ont besoin de six mois de formation intensive en français avant d'être pleinement productifs. Ce délai aggrave les pénuries existantes et ajoute de 15 000 à 50 000 CAD en coûts de francisation par PME, rendant les marchés anglophones comme Toronto et Boston plus attractifs pour ces mêmes candidats.

Quel est le ratio de candidats passifs pour les postes manufacturiers aérospatiaux à Longueuil ?

Les programmeurs CNC seniors avec expérience aérospatiale sont à plus de 80 % des candidats passifs, c'est-à-dire en poste et non actifs sur le marché de l'emploi. Les directeurs qualité titulaires des accréditations AS9100D et NADCAP sont également majoritairement passifs, retenus par des rémunérations différées et des droits à la retraite en cours d'acquisition. Les responsables d'ingénierie de fabrication avec une expérience en Industrie 4.0 sont passifs à environ 85 %. Le recrutement efficace pour ces postes exige un chasse de tête directe et une chasse réservée, et non la simple publication d'annonces sur les sites d'emploi.

Quels défis industriels contraignent la croissance manufacturière de Longueuil ? L'âge moyen des bâtiments industriels du parc de Saint-Hubert dépasse 35 ans, et 40 % des structures ont été construites avant 1990. Quelque 60 % des installations ne peuvent faire l'objet de rénovations complètes pour accueillir l'automatisation en raison de hauteurs sous plafond insuffisantes, de charges au sol inadéquates et de configurations obsolètes. Le taux d'inoccupation industrielle de classe A sur la Rive-Sud n'est que de 1,2 %, et les loyers ont augmenté de 42 % depuis 2020.

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