Le secteur de la microtechnologie à Neuchâtel est en croissance. Les talents ne suivent pas.
Le cluster microtechnologique de Neuchâtel a contribué à hauteur de CHF 1,2 milliard à l'économie cantonale en 2024, avec environ 80 entreprises employant directement 5 000 personnes dans les domaines de la micro et nanotechnologie, de la photonique et de l'ingénierie de précision. À tous égards, il s'agit de l'un des écosystèmes deep-tech les plus concentrés d'Europe. C'est aussi l'un des endroits du continent où il est le plus difficile de recruter les professionnels qui le font tourner.
Le paradoxe au cœur de ce marché est simple à formuler, mais difficile à résoudre. Les licenciements mondiaux dans le secteur des semi-conducteurs — notamment les restructurations chez Intel et les réorganisations au sein de la division AR/VR de Meta — ont laissé croire en 2023 et 2024 que le vivier de talents en ingénierie spécialisée s'était élargi. Il n'en est rien. Les postes supprimés concernaient des fonctions standardisées et des fonctions support. Les postes que Neuchâtel doit pourvoir se situent à l'intersection de la conception MEMS, de l'intégration photonique et de l'assemblage de précision — une intersection qui ne concerne peut-être que 120 professionnels qualifiés dans l'ensemble de la région lémanique (Genève). Les licenciements n'ont pas produit un seul candidat supplémentaire correspondant à ce profil.
Ce qui suit est une analyse de terrain du marché des talents microtechnologiques de Neuchâtel tel qu'il se présente en 2026 : où les pénuries sont les plus marquées, pourquoi elles existent, combien elles coûtent, et ce que les organisations présentes dans cet écosystème — ou qui y recrutent — doivent savoir avant de lancer leur prochaine recherche.
L'écosystème à l'origine du goulot d'étranglement
Le cluster microtechnologique de Neuchâtel ne s'est pas constitué par hasard. Il s'est construit sur plusieurs décennies autour de deux institutions phares. Le CSEM Centre Suisse d'Electronique et de Microtechnique y maintient son siège national avec plus de 320 collaborateurs, répartis entre les divisions énergie solaire, photonique et ingénierie de précision. L'Institut de Microtechnologie de l'Université de Neuchâtel accueille 180 chercheurs travaillant sur les MEMS, les systèmes temps-fréquence et les interfaces de capteurs. Ensemble, ces deux institutions produisent la recherche fondamentale et les cohortes de spécialistes dont dépend l'écosystème commercial.
Le pipeline de spin-offs et ses limites
La couche commerciale adossée à ces institutions comprend des entreprises comme Valtronic SA, avec 450 collaborateurs spécialisés dans les assemblages électroniques miniaturisés, Astrocast SA, avec 65 collaborateurs développant du matériel IoT satellitaire, et Asulab SA (Swatch Group), qui exploite un centre R&D de 200 personnes dédié aux technologies de montres connectées. Des spin-offs comme Lemoptix, pionnière de la technologie des micromiroirs MEMS avant son acquisition par Intel en 2015, illustrent ce que l'écosystème est capable de produire quand il fonctionne à plein régime.
Mais la force de l'écosystème est aussi la source de sa contrainte. Un cluster articulé autour de deux institutions et d'une poignée d'employeurs de taille moyenne produit un vivier de talents étroit, quoique très pointu. Les professionnels issus du CSEM ou de l'IMT sont exceptionnellement qualifiés dans les compétences hybrides qu'exige le marché. Ils ne sont tout simplement pas assez nombreux. L'agence cantonale de développement économique Neode et l'organisme interrégional Micronarc coordonnent efficacement les investissements et la stratégie. Ce qu'ils ne peuvent pas coordonner, c'est le rythme de formation des ingénieurs seniors en packaging MEMS ou des spécialistes en photonique sur silicium.
Le plafond des salles blanches
Le goulot d'étranglement infrastructurel amplifie celui des talents. Les installations de salles blanches de Classe 100/1000 à Neuchâtel totalisent environ 2 800 mètres carrés. L'installation CMi de l'EPFL en offre 12 000 mètres carrés. Le laboratoire FIRST de l'ETH Zurich en fournit 9 500 mètres carrés. La ligne de traitement 150 mm de l'IMT a fonctionné à 94 % de sa capacité tout au long de 2024, avec un accès prioritaire réservé à la recherche académique et aux projets du CSEM. Les startups et les entreprises commerciales font face à des délais de six à neuf mois pour le prototypage auprès des fonderies locales.
Cette situation contraint les entreprises à externaliser des étapes de fabrication critiques auprès de STMicroelectronics à Grenoble ou de X-FAB en Allemagne. Selon ArcInfo, cette externalisation augmente les coûts logistiques de 15 à 20 % et introduit des risques de fuite de propriété intellectuelle que la plupart des startups hardware ne peuvent pas assumer. La stratégie économique cantonale 2024-2027 prévoit une extension de 1 200 mètres carrés des installations de salles blanches du Neode Park d'ici fin 2026. C'est un progrès. Cela ne comble pas l'écart.
Le problème de talents et le problème d'infrastructure ne sont pas indépendants : ils se renforcent mutuellement. Quand votre salle blanche est saturée, les ingénieurs qui veulent y travailler partent vers des installations où ils peuvent réellement mener leurs processus. Ce départ aggrave la pénurie de talents, ce qui ralentit encore la production. C'est cette boucle de rétroaction qui rend le marché neuchâtelois fondamentalement différent d'une simple difficulté de recrutement.
Pourquoi les licenciements dans les semi-conducteurs n'ont rien résolu
L'argument central de cet article est masqué par les données agrégées. En 2023 et 2024, les entreprises mondiales de semi-conducteurs ont annoncé des restructurations majeures. Intel a supprimé des milliers de postes dans le monde. Meta a réorganisé sa division AR/VR, qui avait absorbé la propriété intellectuelle de Lemoptix initialement développée au CSEM. Swatch Group a restructuré une partie de son activité R&D chez Asulab. Le récit public suggérait que des talents en ingénierie devenaient disponibles.
Les données de postes vacants à Neuchâtel racontent une tout autre histoire. Le secteur affichait 340 postes ouverts au T4 2024, soit une hausse de 22 % en glissement annuel, tandis que le délai moyen de recrutement s'est allongé à 98 jours, contre 67 jours en 2022, selon l'analyse du marché du travail d'Adecco Suisse et l'enquête de recrutement de Micronarc.
Les gros titres sur les restructurations ont créé l'illusion que des talents qualifiés étaient arrivés sur le marché. Or les licenciements ciblaient des fonctions administratives, commerciales et des postes standardisés dans les semi-conducteurs. Les profils dont Neuchâtel a besoin — des professionnels combinant l'intégration de processus MEMS, le packaging photonique et l'assemblage de précision — ont été largement épargnés. Dans certains cas, les restructurations ont même aggravé le problème. Lorsque Intel a réorganisé la division AR issue de Lemoptix, les rares experts en micromiroirs libérés ont été immédiatement absorbés par des concurrents à Zurich et Munich. Aucun n'est revenu à Neuchâtel.
C'est ce schéma que les responsables du recrutement doivent intégrer. Les données agrégées sur l'emploi dans les semi-conducteurs suggèrent une disponibilité. Les données de recrutement spécialisé montrent le contraire. Un DRH qui se fie aux gros titres macro s'attendra à un marché détendu. Un responsable du recrutement collaborant avec un cabinet qui maîtrise la dynamique des candidats passifs saura que le délai de 98 jours reflète un marché où les personnes recherchées ne sont pas en veille, ne sont pas disponibles et ne répondent pas aux offres d'emploi.
Les trois postes que ce marché ne parvient pas à pourvoir assez vite
Le taux de vacance pour les ingénieurs MEMS en Suisse romande a atteint 14,3 % fin 2024, selon l'enquête sur les besoins professionnels du SECO — l'écart de spécialisation le plus élevé du canton. Mais ce chiffre agrégé masque trois pénuries distinctes, chacune avec sa propre dynamique.
Ingénieurs seniors en conception MEMS
Le taux de chômage parmi les ingénieurs seniors en conception MEMS en Suisse romande se situe en dessous de 1,5 %. La durée moyenne d'occupation du poste dans ce groupe est de 7,2 ans. Pour chaque candidat actif sur un site d'emploi, neuf doivent être identifiés par approche directe. Ce n'est pas un marché où la publication d'annonces fonctionne. C'est un marché où la seule approche viable consiste à identifier et contacter des professionnels qui ne sont pas en recherche.
Selon L'Impartial, Valtronic a maintenu un poste d'ingénieur senior en packaging MEMS ouvert pendant 11 mois en 2024, avant de le pourvoir par promotion interne d'un candidat frontalier issu du CEA-Leti à Grenoble. Le poste nécessitait une expertise en collage au niveau de la plaquette et en traitement de vias traversant le silicium. Pour sécuriser le candidat, Valtronic a proposé une prime à l'embauche de CHF 25 000 et un package de relocalisation supérieur aux standards de l'ingénierie suisse.
Spécialistes en intégration photonique
Le sous-secteur de la photonique s'est accéléré à la suite du lancement en 2023 du Swiss Photonics Integration Center au CSEM Neuchâtel, soutenu par CHF 15 millions de financement fédéral de l'innovation via Innosuisse. Cet investissement a créé de nouvelles capacités, mais aussi une demande de spécialistes qui n'existent pas en nombre suffisant.
Seuls environ 120 professionnels qualifiés en intégration photonique travaillent dans l'ensemble de la région lémanique. En 2024, 85 % des placements dans cette spécialité concernaient des candidats passifs, identifiés au sein du CSEM, de spin-offs de l'EPFL ou du réseau d'anciens de Lemoptix. Lorsque la propre division Photonique du CSEM a tenté de recruter trois spécialistes seniors en packaging en 2024, selon Le Temps, deux postes sont restés non pourvus après six mois. Le CSEM a dû restructurer l'équipe en relocalisant des spécialistes depuis son site de Zurich et en créant une ligne hiérarchique hybride. Chaque relocalisation a impliqué des allocations logement de CHF 15 000.
Responsables de conception de circuits intégrés analogiques
La pénurie en conception de circuits intégrés analogiques basse consommation et signaux mixtes n'est pas propre à Neuchâtel — elle est mondiale. Mais Neuchâtel en subit une version particulière. Les offres d'emploi pour ces postes génèrent un volume élevé de candidatures avec un taux de profils qualifiés inférieur à 3 %, selon l'enquête de compétences de Swiss Engineering. Les candidats actifs n'ont pas les compétences requises. Les candidats qualifiés sont en poste.
Comme le rapporte Bilan, Astrocast a recherché un responsable de la conception de circuits intégrés RF tout au long du premier semestre 2024. Trois candidats finalistes ont accepté des contre-offres de concurrents à Zurich et Munich. Astrocast a relevé sa fourchette salariale de 18 %, passant de CHF 140 000–160 000 à CHF 165 000–185 000, avant de finalement recruter un candidat issu d'un concurrent basé à Grenoble par l'intermédiaire d'un cabinet de recherche spécialisé.
Chacune de ces trois pénuries est sévère en soi. Combinées, elles définissent un écosystème où les organisations les mieux positionnées pour innover ne parviennent pas à constituer leurs équipes cœur. Le coût n'est pas uniquement financier. Il se mesure en cycles produits retardés, en fabrication relocalisée et en propriété intellectuelle qui migre quand les professionnels qui la détiennent partent.
Où partent les talents : les trois marchés concurrents de Neuchâtel
Neuchâtel ne perd pas ses talents au profit d'un seul concurrent. Des profils différents partent vers des géographies différentes, chacune offrant une proposition de valeur distincte que le Canton ne peut égaler.
Les ingénieurs en circuits intégrés analogiques et les [talents en matériel IA]com/fr/technologie-ia) Les diplômés de l'IMT de l'Université de Neuchâtel acceptent régulièrement des postes chez Apple Zurich ou dans des entreprises liées à l'ETH plutôt que des offres locales du CSEM, selon les statistiques de placement du centre de carrière de l'université. L'avantage de la double carrière à Zurich — où un conjoint peut trouver un poste professionnel comparable — renforce cet attrait.
Grenoble attire un profil différent. Les ingénieurs de processus de niveau intermédiaire et les techniciens de salles blanches rejoignent le CEA-Leti et STMicroelectronics Crolles malgré des salaires nets inférieurs. Les coûts du logement à Grenoble sont environ 40 % inférieurs à ceux de Neuchâtel. L'accès aux financements de recherche Horizon Europe et aux 12 000 mètres carrés d'infrastructure de salles blanches de Minatec offrent des opportunités professionnelles que les installations contraintes de Neuchâtel ne peuvent égaler.
Munich attire les ingénieurs suisses germanophones vers des postes de capteurs automobiles chez Infineon, BMW et le réseau plus large de Silicon Saxony. La progression vers des postes de direction chez les OEM y est plus lisible. Les salaires sont comparables. La base de clients industriels est plus profonde.
Les atouts de Neuchâtel en matière de rétention sont réels mais limités. La qualité de vie autour des lacs du Jura, la faible densité de population et l'héritage profond de l'industrie horlogère créent un attachement authentique pour les professionnels qui valorisent ces facteurs. Mais l'attachement ne compense pas une prime salariale de CHF 15 000 à l'embauche à Zurich ni une réduction de 40 % des coûts du logement à Grenoble. Fidéliser les talents exige plus que le cadre de vie. Cela exige une stratégie de rémunération qui tienne compte des alternatives concrètes auxquelles chaque candidat fait face.
Quand la contrainte de capital des scale-ups devient un problème de talents
La lecture habituelle du défi de financement de Neuchâtel est que le capital de Series B et de croissance est plus difficile à trouver qu'à Zurich ou Boston. C'est vrai, mais incomplet. Le problème plus profond est que la contrainte de capital aggrave directement la contrainte de talents.
Le financement d'amorçage entre CHF 500 000 et CHF 2 millions est accessible localement via Innosuisse et l'association Neuchâtel Business Angels. Innosuisse a alloué CHF 8,2 millions à des projets microtechnologiques neuchâtelois en 2023, soit une hausse de 34 % en glissement annuel. Mais entre CHF 5 millions et CHF 20 millions, une vallée de la mort s'ouvre. En 2023 et 2024, seules deux entreprises microtechnologiques neuchâteloises ont obtenu un financement de série B, contre 11 dans la région du Grand Zurich, selon le Swiss Venture Capital Report 2024.
Les entreprises ayant besoin de capital de croissance doivent le rechercher auprès d'investisseurs basés à Zurich comme Redalpine ou VI Partners, ou auprès de fonds internationaux comme HTGF en Allemagne ou BPI France. Selon le Startup Radar annuel de Startupticker, ce processus aboutit fréquemment au transfert du siège commercial vers Zurich ou Munich, même lorsque le cœur R&D reste à Neuchâtel.
Quand une entreprise relocalise son siège commercial, les dirigeants commerciaux et opérationnels seniors suivent. Les directeurs du développement commercial, les directeurs généraux et les responsables des opérations migrent vers l'endroit où siègent le conseil d'administration, les investisseurs et les clients. L'équipe R&D reste sur place, désormais pilotée à distance. Avec le temps, les responsables R&D les plus ambitieux migrent eux aussi vers le centre de gravité. Le résultat est un évidement progressif des talents de leadership à Neuchâtel, provoqué non pas par une déficience de la base de recherche du Canton, mais par l'absence de capital adapté à chaque stade de développement qui permettrait aux entreprises de croître localement.
Cette dynamique explique pourquoi la Industrie manufacturière nécessite une approche qui dépasse largement le marché régional. Les candidats dont une scale-up neuchâteloise a besoin pour sa prochaine phase de croissance se trouvent souvent à Zurich, Munich ou Grenoble, chez les entreprises mêmes qui les ont attirés. Les faire revenir exige une proposition qui réponde à chacun des facteurs qui les ont initialement poussés à partir.
Des contraintes structurelles qui complexifient chaque recherche
Au-delà de la pénurie fondamentale de talents et des dynamiques de capital, plusieurs facteurs systémiques rendent chaque recrutement plus complexe que ne le suggère la fiche de poste.
Volatilité de la main-d'œuvre frontalière
Quarante-deux pour cent de la main-d'œuvre microtechnologique de Neuchâtel est composée de travailleurs frontaliers venant de la région du Doubs en France. Cette main-d'œuvre est essentielle, mais vulnérable. Le resserrement des quotas d'immigration suisses à la suite du référendum de 2024, conjugué aux contentieux fiscaux en cours avec la France, crée une incertitude réglementaire qui affecte la planification RH de chaque employeur de la région. Une entreprise qui dépend du personnel frontalier pour 40 % de son équipe d'ingénierie ne peut pas garantir la stabilité de ses effectifs au-delà du cycle réglementaire en cours.
Contrôles à l'exportation et retards d'approvisionnement
Les restrictions américaines et européennes sur les équipements de fabrication de semi-conducteurs affectent de plus en plus les entreprises neuchâteloises. L'approvisionnement par le CSEM d'équipements de dépôt spécifiques a été retardé de huit mois en 2024 en raison d'examens de licences à double usage, selon le rapport du SECO sur le contrôle des biens à double usage. Pour une entreprise fonctionnant à 94 % de sa capacité en salle blanche, un retard de huit mois sur un équipement ne ralentit pas simplement un projet : il gèle les décisions d'embauche, car on ne recrute pas l'ingénieur censé faire fonctionner une machine qui n'est pas encore arrivée.
Enchevêtrement de propriété intellectuelle
La domination d'Asulab dans la microtechnologie horlogère crée des portefeuilles de brevets défensifs qui, selon les données de dépôt de l'Office Européen des Brevets, rendent difficile pour les startups de breveter dans le domaine des micro-actionneurs. Cela a une incidence directe sur les talents, car la capacité à attirer des chercheurs seniors dépend en partie de l'environnement de propriété intellectuelle. Un ingénieur principal choisissant entre deux postes évaluera quelle entreprise peut protéger le travail qu'il produit. Si l'environnement de propriété intellectuelle de Neuchâtel est perçu comme contraint par les portefeuilles des acteurs établis, cette perception devient un handicap en matière de recrutement.
Coûts énergétiques et immobilier industriel
Les salles blanches consomment entre 50 et 200 kilowattheures par mètre carré par an. Les prix de l'électricité industrielle suisse ont augmenté de 18 % entre 2023 et 2024, selon l'Office Fédéral Suisse de l'Énergie. Le taux de vacance de l'immobilier industriel à Neuchâtel se situe à 2,1 %. Les nouveaux entrants font face à la fois au coût d'exploitation d'une salle blanche et à la quasi-impossibilité de trouver un espace pour en construire une. Ces facteurs n'empêchent pas directement un recrutement, mais ils empêchent la croissance de l'entreprise qui le justifierait.
Chacune de ces contraintes est gérable isolément. Combinées, elles créent un environnement de recrutement où la recherche d'un seul ingénieur senior croise la politique d'immigration, les délais d'approvisionnement en équipements, la stratégie de propriété intellectuelle et la disponibilité immobilière. Ce n'est pas un marché où une offre d'emploi assortie d'un salaire compétitif suffit à produire des résultats. C'est un marché où la méthode de recherche détermine le résultat.
Ce que cela implique pour les organisations recrutant dans le secteur microtechnologique de Neuchâtel
Les données présentées dans cet article convergent vers une conclusion unique. L'écosystème microtechnologique de Neuchâtel a bâti une capacité de recherche et d'innovation qui dépasse son offre de talents, son infrastructure de fabrication et son accès au capital. Il ne s'agit pas d'un déséquilibre temporaire, mais d'une condition systémique qui s'est accentuée à chaque année de croissance.
Pour les responsables du recrutement, les implications pratiques sont claires. Les candidats dont vous avez besoin en conception MEMS, en intégration photonique et en leadership en circuits intégrés analogiques sont massivement passifs. Quatre-vingt-dix pour cent des ingénieurs MEMS seniors doivent être identifiés par approche directe. Quatre-vingt-cinq pour cent des placements en photonique concernent des candidats qui n'étaient pas en recherche. Les offres d'emploi pour les postes en circuits intégrés analogiques génèrent un taux de profils qualifiés inférieur à 3 %. Les méthodes de recrutement classiques n'atteignent pas la bonne population.
La dispersion géographique du vivier de candidats ajoute un niveau de complexité supplémentaire. Votre prochain VP Engineering se trouve peut-être chez Apple à Zurich, votre prochain responsable photonique au CEA-Leti à Grenoble, votre prochain architecte capteurs chez Infineon à Munich. Les atteindre suppose non seulement de les identifier, mais aussi de construire une proposition qui prenne en compte les différentiels de rémunération, l'accès aux infrastructures, la trajectoire de carrière et, dans bien des cas, le changement de mode de vie qu'implique un déménagement vers une ville plus petite.
C'est dans cet environnement que l'approche de KiTalent en matière de chasse de têtes et de cartographie des talents](https://kitalent.com/talent-mapping) produit des résultats inaccessibles aux méthodes conventionnelles. Grâce à l'identification de candidats assistée par l'IA, KiTalent accède aux 80 à 90 % de candidats passifs de ce marché que les sites d'emploi n'atteignent jamais. Des candidats prêts pour l'entretien sont présentés sous 7 à 10 jours. Le modèle de facturation à l'entretien signifie que les organisations n'investissent que lorsqu'elles rencontrent des candidats qualifiés. Avec un taux de rétention à un an de 96 % sur 1 450 placements de cadres dirigeants, le cabinet est spécialisé précisément dans le type de recherche à forts enjeux et faible volume qui caractérise le secteur microtechnologique de Neuchâtel.
Pour les organisations en compétition pour le leadership en MEMS, photonique et capteurs dans l'un des marchés de talents les plus contraints d'Europe — où le coût d'un recrutement de cadre dirigeant raté se cumule avec chaque mois de vacance du poste — contactez l'équipe Executive Search de KiTalent pour découvrir comment mener une recherche qui atteint les candidats que ce marché dissimule.
Questions fréquentes
Pourquoi est-il si difficile de recruter des ingénieurs MEMS à Neuchâtel ?
Les ingénieurs MEMS seniors en Suisse romande connaissent un taux de chômage inférieur à 1,5 %. La durée moyenne en poste dépasse sept ans. Pour chaque candidat actif, neuf sont en poste et ne recherchent pas de nouvelles opportunités. Le profil de compétences requis combine l'intégration de processus en salle blanche, le collage au niveau de la plaquette et le traitement de vias traversant le silicium — une combinaison produite par un petit nombre d'institutions et détenue par une population restreinte. Le résultat est un marché où 90 % des candidats viables doivent être identifiés et approchés via des méthodes proactives de chasse de cadres plutôt que par la publication d'offres d'emploi.
**Quels salaires perçoivent les spécialistes en photonique et MEMS à Neuchâtel ?Les contributeurs individuels seniors avec 10 ans d'expérience ou plus perçoivent entre CHF 130 000 et 155 000 en salaire de base, avec une rémunération totale atteignant CHF 145 000 à 175 000. Les spécialistes en packaging MEMS bénéficient d'une prime de 15 à 20 % par rapport aux ingénieurs mécaniques généralistes. Les postes de VP Engineering et CTO dans les entreprises de taille moyenne oscillent entre CHF 180 000 et 220 000 de base, avec des packages totaux atteignant CHF 250 000 à 350 000 incluant l'actionnariat salarié et les incitations à long terme. Les directeurs des opérations en microfabrication gagnent entre CHF 150 000 et 190 000 de base avec un potentiel de bonus de 20 à 30 %.
Comment Neuchâtel rivalise-t-elle avec Zurich et Grenoble pour les talents microtechnologiques ?Zurich offre des rémunérations supérieures de 20 à 30 % et un écosystème technologique plus large comprenant Apple, Google et Intel. Grenoble offre des coûts de logement inférieurs de 40 % et un accès à 12 000 mètres carrés d'infrastructure de salles blanches Minatec. Neuchâtel fait valoir sa qualité de vie, la communauté deep-tech concentrée autour du CSEM et de l'université, et des postes spécifiques liés à l'héritage horloger. Pour les recrutements de cadres seniors, les organisations neuchâteloises doivent de plus en plus proposer des packages de relocalisation, des primes à l'embauche et des modes de travail hybrides pour compenser les avantages en matière de rémunération et d'infrastructure des villes concurrentes.
Qu'est-ce que le Swiss Photonics Integration Center et pourquoi est-il important pour le recrutement ?Le Swiss Photonics Integration Center a été lancé en 2023 au CSEM Neuchâtel avec 15 millions de CHF de financement fédéral Innosuisse. Il fournit des capacités de couplage et de packaging en photonique sur silicium qui nécessitaient auparavant une externalisation vers des installations en France ou en Allemagne. S'il renforce l'écosystème local, il a simultanément créé une demande de spécialistes en intégration photonique que la région ne peut satisfaire. Seuls environ 120 professionnels qualifiés exercent dans la région lémanique, et 85 % des placements concernent des candidats passifs qui doivent être directement approchés.